ODE VINGT-DEUXIÈME
Oui, ce froDt, ce sourire et cette firaîche joue,
C'est bien l'enrant qpi pleure et joue.
Et qu*ua esprit du ciel défend I De ses doux traits, ravis à la sainte phnlanfçe', .
C'est bien le délicat mébinge;
Poète, i'y crois voir un ange»
Père, j j trouve mon enfant.
On devine, à ses jeux pleins d'une pure flamme,
Qu'au paradis, d'où vient son Ame,
Elle a ait un récent adieu.
Son regard, rayonnant d'une joie éphémère,
Semble en suivre encor la chimère,
El revoir dans sa douce mère
L'humble mère de TEnfant-Dieu I
On dirait qu'elle écoute un choeur de voix célestes, Que de loin des vierges modestes Elle entend l'appel gracieux;
A son joyeux regard, à son naïf sourire, On serait tenté de lui dire :
c Jeune auge, quel fut ton martyre, Et quel est ton nom dans les cteux? »
0 toi dont le pinceau me la fit si touchante, Tu me la peins, je te la chante !
Car tes nobles travaux vivront;
Une force virile à Cà grâce est unie; Tes couleurs sont une harmonie; Et dans ton enfance un génie Mit une flamme sur ton front !
Sans doute quelque fée, à ton berceau venue,
Des sept couleurs que dans la nue
Suspend le prisme aérien, Des roses de l'aurore humide et matinale.
Des feux de Taube boréale,
Fit une palette idéale
Pour ton pinceau magicien !
• Novembre 18S5.