‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 250 sur 309 · A UN PASSANT · texte numérisé non relu

A UN PASSANT

Au soleil Goucbanl, Toi qui Tas cherchant

Fortune, Prends garde de choir :

La terre, le soir,

Est brune.

L'Océan trompeur Couvre de tapeur L'i dune.

Vois ; & l'horiiou,

Aucune maison!

Aucune!

Maint voleur le suit ; La chose est, la nuit.

Commune.

Les dames des bois Nous gardent panfois

Rancune.

Elles vont errer :

Crains d'en rencontrer

Quelqu'une.

Les lutins de Tair Vont danser au clair

De lune.

La Chatison du Fou.

BALLADE DlXlÈlIfi

Voyageur qui, la nuit, sur le pavé sonore De ton chien inquiet passes accompagné.

Après le jour brûlant, pourquoi marcher encore.' Ou mènes-tu si tard ton cheval résigné?

La nuit! — Ne crains- tu pas d'entrevoir la stature Du brigand dont un sabre a chargé la ceinture? Ou qu'tm de ces fieui loups prés des routes rôdants,

Ïui du fer des coursiers méprisent rétincelle, 'un bond brusque et soudain, s'attachaal à ta selle, Ne mêle A ton sang noir l'écume de ses dents?

Ne crains-lu pas surtout qu'un follet â cette heure N'allonge sous tes pas le chemin qui te leurre, Et ne te fasse, hélas! ainsi qu'aux anciens jours, Rêvant quelque logis dont la vitra scintille, fit le faisan ocré par l'être yoA pétille, Marcher vers des clartés qui reculent toujours?

Grains d'aborder la plaine où le sabbat s'assemble, Où les démons hurlants viennent danser ensemble; Ces murs maudits par Dieu, par Satan firofanés, Ce magique château dont l'enfer sait l'Iiistoîre,

Et qui, désert le jour, quand tombe k nuit noire Enflamme ses vitraux dans l'ombre illuminés!

Voyageur isolé, qui t'éloignes si vite, De ton chien inquiet la nuit accompagné, Après le jour brûlant, quand le repos t'invite. Ou mènes-tu si tard ton cheval rés^né?

Octobre 1826.

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