‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 257 sur 309 · LA PERI · texte numérisé non relu

LA PERI

Ma sphère est l'Orient, région éclatante. Où le soleil est beau comme un roi dans sa tente ! Son xiisque s'y promène en un ciel toujours pur. Ainsi, portant 1 émir d'une riche contrée,

Aux sons de la flûte sacrée, Vognefun navire d'or sur une mer d'azur.

Tons les dons ont comblé la zone orientale. Dans tout autre climat, par une loi fatale, Pros des fruits savoureux croissent les fruits amers ; Mais Dieu, qui pour l'Asie a des yeux moins austères,

Y donne plus de tlenrs aux terres, Plus d'étoiles aux cieux, plus de perles aux mers!

I Mon royaume, s'étend depuis ces catacombes I Qui paraissent des monts et ne sont que des lombes, ; Jusqu'à ce mur qu'un peuple ose en vain assiéger, i Qui, tel qu'une ceinture ou le Cathay respire, Envu*onnant tout un empire.

Garde dans l'univers comme un monde étranger.

J'ai de vastes cités uu'en tous lieux on admire : Lahore aux champs fleuris, Golconde, Cachemire, La guerrière Damas, la royale Ispahan, Bagdad, queues remparts couvrent comme une armure,

Alep, dont l'immense murmure Semble au pâtre lointain le bruit d'an océan.

Mysore est sur son tr6ne une reine placée; Medine aux mille tours, d'aiguilles hérissée, Avec ses flèches d'or, ses kiosc|ues brillants. Est comme un bataillon arrêté dans les plaines,

Qui, parmi ses lenles hautaines, Elève une forêt de dards élincelants.

On dirait qu'au désert Thébes, debout encore. Attend son peuple entier absent depuis Faurore. Madras a deux cités en ses larges contours. Plus loin brille Delhy, la ville sans rivales,

Et sous ses portes triorophalet Douze éléphants de front passent avec leurs tours.

Bel enfant! viens errer parmi tant de merveilles Sur ces toits pleins de fleurs, ainsi que des corbeilles. Dans le camp vagabond des Arabes ligués. Viens; nous vercons danser les jeunes bayadères,

Le soir, lorsque les dromadaires Près du puits du désert s'arrêtent fatigués.

Là, sous de verts figuiers, sous d'épais sycomores, Luit le dôme d'étal n du minaret des Maures; Lia pagode de nacre au toit rose el changeant ; La tour de poixelaine aux clochettes dorées,

Et, dans les jonques azurées.

Le palanquin de pourpre aux longs rideaux d'argent.

J'écarterai pour loi les rameaux du platane Qui voile dans son bain la rêveuse sultane; Viens, nous rassurerons contre un ingrat oubli La vierge qui, timide, ouvrant la nuit sa porte,

Ecoute si le vent lui porte La voix qu'elle préfère au chant du bengali.

L'Orient fut jadis le paradis du monde. — Un printemps éternel de ses ro!;es l'inonde, Et ce vaste hémisphère est un riant jardin. Toujours autour de nous sourit la douce joie;

Toi qui gérais, suis notre voie :

Que t'im(X)r(e le ciel, quand je t'ouvre l'Eden?

LA FSE.

L'Occident nébuleux est ma patrie heureuse. Là, variant dans Tair sa forme vaporeuse, Fuit la blanche nuée,... et de loin bien souvont liC mortel isolé qui, radieux ou sombre.

Poursuit un singe ou pleure une ombre.

Assis, la contemple en révnnt!

Car il esl des douceurs, pour les dnies blessées. Dans les brumes du lac sur nos bois balanaîes; Dans nos monts où l'hiver semble à jamais s'asseoir; Dans l'étoile, pareille à l'espoir solitaire.

Qui vient, quand le jour fuit la terre,

Mêler son orient au soir.

Nos cieux voilés plairont à ta douleur amére. Enfant aue Dieu retire et nui pleures la mère! Viens, l écho des vallons, les soupirs du ruisseau, El la voix des forêts au bruit des vents unie. Te rendront la vague harmonie Qui t'endormait (]ans ton berceau!

Crains des bleus horizons le cercle monotone. Les brouillards, les vapeurs» le nuage qui tonne.

Il réclim* Un ibM.

(P«ge98.)

Tempèrent If Holeil inns nos cietii parvenu ,

Et r<Bil voit iiii loin fair Irurti lignes nêbiilemes, '

Comme des flollet merveilieuses

Qiii Tiennent d'un monde inconnu!

C'en pour mni ijue les veuls font, sur uon mers hruyiuiies. Tournoyer l'ail' el l'onde en Irombei foudrofintes; Lu lempéte li mes chanls suspend son vol hlsl; L'*rc-en-ciel pour mes pieds, qu'un or fluide nrruse,

Oomme uti pont de nacre se pose

Sur les cascades de cristal.

Du miuresque AUrambra j'ni les Tréles portiques ; J'ii la fiTolle enchantée aui piliers basaltiques, Où ta mer de StaiïR brise un Itot inénU Et j'aide le péclicur. roi des vagues brumeuses,

A Ûlir ses liuttcs Tumeuses

Sur les lie'ix palais de Fingal.

Croise en Toùle de Teu ses |im1>es dans les airs, El le cluisear, debout sur la roclic peiidnnie, Ornt voir une comète ardente Baignant ses flammes dans les mers!

Viens, jeune Ame, avec moi, de mes sienrs nbéii-.

Peupler de gais Tnlleis l.i morose abbaye;

Mes nains et mes géants te suirronl i ma vuix;

Viens, troublant de ton cor les monts inacrcssiMi.''' Guider ces meutes invisibles Qui la nuit chassent dans nos boit.

Tu Terras lei barons, sous leurs tours féodale<i. De l'humble pèlerin détjcbant les sandale* .

Er les sombres créneaux d'écussans décoret-, Et la dame lout bas priant pour un beau pafce.

Quelque mystérieuse image

feinte sur des vitraui dorés.

tin Glr briitinj Je II Mntr^e Vlnt*lm..:

[P«Ke99.)

(Junnil la lune du ti^nible irgeole lesraineaui, Le [ttire voit dnns l'nir, avec des chanls mystiques, I KolKrer noi clifeurs fanluliques

Aiiiour da doclier des hameaui.

' De quels endianiements l'Occident se déc m I — : Viens, le ciel est bien loin. Ion aile est Ihible eocorc I

Oublie en notre cmnire un vojaeG Tslal. i t'n charme s'y révèle aui lieux les plus sauvigea;

Et rélranger dit dos rivages I Plus doux que le pnys natal.

Et l'enfanl héiitail, et déjd idoIm rebelle Ecmitait des esprits l'appel rallacieui; La (erre qu'il myait semblait pouriaal si Leik! • Soudaio il disparut à leur vue infldclo...

NOTES

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