I.RS FKUir.LES ll'AUT01I\i
Oh! In tenilrci propai et les charmin
Vois, celle branche est rude, elfe est noire, et U n Verse la pluie i llnts sur son écorce nue ^ Hais attends que l'hiver s'en aille, et tu vas voir Une feuille pmer ces nœuds si durs pour elle,
£t la demanderas comment un bourgeon frêle Peut, si lendre el si vert, jaillir de ce bois noir.
Demande alors poun|iioi. ma jeune bien-aîméc,
?uanil sur mon Ime, hélas! endurcie et Termée, on Bouflle passe, après tant de maux eipiéi, Pourquoi remoiiie el court ma sève évannuie. Pourquoi mon Sme en Deur el tout épanouie Jette soudain des vers que j'efTeuille n tes pieds!
C'est que tout a sa loi, le monde el la fortune; C'est qu'une claire nuit succède aui nuils sans lune; C'est que loul ici-bns a ses rellui cooslants; C'est qu'il faut l'arbre au vent et la feuille «u léphire; C'est qu'après le malheur m'est venu ton soiirire; C'est ^ne c'était l'hiver et que c'est le printemps !
Li;S FULilUKS ll-AlTiyUlE.
Par mille crUdojaie etd'imour rnrieiii, LcMDpUuluail ce posuat rlorieui.
liera'» ■ Ngh lo ihose who lote n And I tmjle lo those wbo haie ; And, wbitcTcr, iky') «boie me, llcre'a » heirl Tor erery file.
A MES AMrS L. B. ET S. B.
Am», c'm[ donc Rouen, la ville nui vieilles rues, Aui vieilles tours, dél>riK des rsces disiiarues, La fille lui cent clochers cjrillounini dans l'air. Le Rouen des ch;lleaux, des hôtels, des bastilles, Dont le front hOri^.de llèclies et d'aiguilles Déchire incesummeiii les brumes de la mer;
C'est Rouen am vous t, BoueD qui vous «niéve 1
Je De m'en plaindrai pas. J'ai soaveot Tait ce rév«
D'aller voir Sainl^Ouen i moitié démoli,
Et tout m'irretenu, la famille, l'élude,
Mille soins, et surtout la' vague ini^uiétude
Qui fait que l'homme craint son désir accompli.
J'ai dilTéré. La vie d diiïérer se passe.
De projels en projets, et d'espace en espace
Le fol esprit de l'homme en toul temps s'envola.
Un jour enfin, lassés du songe oui nmii leurre,
Nous disons : ( Il est temps. Eiecutons! c'est l'heure. >
Alors nous retournons les yeux, —la mort est li !
Ainsi de mes projets. — Quand vous vemi-je, Espagne, El Venise et son golfe, et Rome et sa campagne, Toi, Sicile, que ronge un volcan souiern.in, Grèce qu'on connaît trop, Sardaigne qu'on ignore, Cités de l'aquilon, du couclunt, de l'aurore, Pyramides du Nil. cathédrales du Rhin !
LES FEUILLES D'AUTOMNE
Qui tait? Jamais peut-être.— El quand m*abriterai-je Prés de la mer, ou bien sous un mont blanc de nei^, Dans quelque vieux donjon, tout plein d*un vieux héros, Où le Bolen, dorant les tourelles du faite, N'enverra sur mon front que des rayons de fête Teints de pourpre et d'azur au prisme des vitraux?
Jamais non plus, sans doute.— En attendant, vaine ombre, Oublié dans Vespace et perdu dans le nombre, Je vis. J'ai trois enfants en cercle A pson foyer; Et lorsque la sagesse entr^ouvre un mu ma porte, Elle me crie : c Ami! sois content. Que l'importe Cette tente d'un jour qu'il faut sitôt ployer !-*
Et puis, dans mon esprit, des choses ane j'esçére Je me fais cent récits, comme à sou fils un père. Ce que je voudrais voir^ je le rêve si beau! Je vois en moi des tours, des Romes, des Gordoues, Qui jettent mille feux, muse, quand tu secoues Sous leurs sombres piliers ton magique flambeau !
Ce sont des Alhambras, de hautes cathédrales, Des Babels, dans la nue enfonçant leurs spirales, De noirs Escurials, mystérieux séjour.
Des villes d'autrefois, peintes et dentelées, Où chantent jour et nuit mille cloches ailées. Joyeuses d'habiter dans des clochers a jour I
Et je rêve! et jamais villes impériales N'éclipseront ce rêve aux splendeurs idéales. Gardons l'illusion ; elle fuit assez tôt. Chaque homme, dans son cœur, crée ù sa fantaisie Tout un monde enchanté d'art et de poésie : C'est notre Ghanaan que nous voyons d'en haut.
Restons où nous voyons. Pourquoi vouloir descendre, Et toucher ce qu'on rêve, et marcher dans la cendre! Que ferons-nous après? où descendre? où courir.? Plus de but à chercher ! plus d'espoir qui séduise ! De la terre donnée à la terre promise Nul retour, et Moïse a bien fait de mourir!
Restons loin des objets dont la vue est charmée; L'arc-en-elel est vapeur, le nuage est fumée. L'idéal tombe en poudre au toucner du réel. L'âme en songe de gloire ou d'amour se consume. Gomme un enfant qui souffle en un flocon d'écume, Chaque homme enfle une bulle où se reflète un ciel !
Prêle bulle d'azur, au roseau suspendue, Qui tremble au moindre choc et vacille éperdue ! VoilA tous nos projets, nos plaisirs, noire bruit ! Folle création qu'un zéphir inquiète ! •
Sphère aux mille couleurs, d'une goutte d'eau fnite ! Blonde qu'un souffle crée et qu'un souffle détr^uit!
Rêver, c'est le bonheur; attendre, c'est la vie. Courses! pays lointains! voyages! folle envie! C'est assez d^accomplir le voyage éternel. Tout chemine ici-bas vers un but de mystère.
Où va l'esprit dans l'homme? où va l'hominc sur (erre Seigneur! Seigneur ! où va la terre dans le ciel?
Le saurons-nous jamais ? — Qui percera vos voiles, Noirs firmaments, semés de nuages d'étoiles ? Mer, qui peut dans ton lit descendre et regarder? Où donc est la st.dnce? où donc est l'origine? Cherchez au fond des mers cette perle divine, Et, l'océan connu, l'àine reste à sonder !
Que faire et <^iie penser? — Nier, douter .on croire! Carrefour ténébreux! triple route! nuit noire! Le plus sage s'assied sous l'arbre du chemin, Disant tout bas : J'irai, Seigneur, où tu m'envoies. U espère ; et, de loin, dans les trois sombres voies. Il écoute, pensif, marcher le genre humain!
Mai 1830.
Duen viage !
GOVA.