‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 284 sur 309 · A MADAME MARIE M · texte numérisé non relu

A MADAME MARIE M

Oh ! votre œil est timide et votre front est doux ; Mais, quoique par pudeur et par pitié pour nous

Vous teniez secrète votre Ame, Quand du souffle d'en haut voire cœur est touché. Votre cœur, comme un feu sous la cendre caché.

Soudain étincelle et s'enflamme.

Elevez-la souvent, cette voix qui se tait.

Quand vous vîntes au jour un rossignol chantait ;

Un astre charmant vous vit naiti*e.

Enfant, pour vous marquer du poétique sceau, Vous eûtes au chevet de votre heureux berceau

Un dieu, votre pére^peut-être !

Deux vierges, Poésie et Musique, deux sœurs, Vous font une pensée infinie en douceurs;

Votre ^énte a deux aurores.

Et votre esprit tantôt s'épanche en vers touchants, Tantôt sur le clavier, qui frémit sous vos chants.

S'éparpille en notes sonores !

Oh ! vous faites rêver le poêle, le soir ! Souvent il songe à vous lorsque le ciel est noir,

Quand minuit déroule ses voiles:

Car l'Ame du poêle. Ame d'ombre et d'amour. Est une fleur des nuits qui s'ouvre après le jour

Et s'épanouit aux étoiles!

Décembre 1850.

Qui donne au pauvre prête A Dieu, v. n.

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