‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 84 sur 309 · LA CATHÉDRALE DR WOBMS · texte numérisé non relu

LA CATHÉDRALE DR WOBMS

lemenl inr an plancher des Tentes duquel aortsit une rumeur assourdissante. Une torche éloi|{Dée, qui tremblsit lu vent, jetsil des clirUs mJlées d'ombres «ur ces maisîles arches de boîs. J'étais dans le pont couvert de Zuricb. Des patrouille* bivaquaient i I entour. Rien ne peut donner une idée de ce pont, vu ainsi et i cette lienre. Pi- ^rei-vous h for£t d'une cathédrale poiée en Iraver* sur nn fleuTe et s'éhrinlant lous les roues d'une diligence-

Pendanl que je vous écris tout ce Tairas, le jour a paru, le soii un peu désappointe. Zurich perd au grand jour ; je regrelle les vagues proDIsdeU nuit. Us clochers de la cathédrale sont d'içnubles poivrières. Presque toutes les fardes sont rntissees et blanchies su lait de chaui. J'ai i ma gauche une espèce d'hàtel Gnénëeaud. Mais le lac est beau; mais, )A-bas, la barrière des Alpes esl admirable. Elle corrige ce que le Isc, bordé de maisons blanches et de cultures verles, a neut-èlred'uu peu trop riant pou/moi. LesmonlagDesmetontlouiottrsretfetdelombesimniieDses; les basses ont un noir suaire de méléies, les hautes ont on blanc linceul de neige.

Qnitre heures «près midi.

Je viens de &ire une promenade sur le lac dans une façun de petite gondole à trente sous par heure, comme an nacre. J'ai jeté généreusen.eut trois francs dans le tac de Zurich-, je les regrette un peu. C'est beau, mais c'est bien aimable. Ils ont uo New-Hunster (ju'ils vous montrent avec orgueil et ^ui ressemble i l'église de Pantin. Les léuateurs luriquois habitent des villas de pifltre, les(|nel)es ont un (aux air des guinguettes de Vaugirard. Dieu lat pardonne! j'gi ru casser un omnibus comme i Passj. Je ne m'étonne plus si cet gaillards-U font des rérolutions.

Heureusement l'eau bleue du lac est transparente. Je voyais dans lei profondeur! vitreuses des monlagnei an fond du lac et des forCts sur ces montagnes. De* rochera et des algues me figuraient ssiei bien la terre noyée par le déluge, et, en me penchant sur le bord de mon flacre i deax raraei, j'avais les émotions de Ifné quand il se met* tait i la fenêtre de l'arche. De temps en temps je voyais passer de groi paiuoDS tébrés de ruMni noin comme des

LA CATHÉDRALE DE BOnK

tigrei. J'ai tinré Au bout de ma canne deni on (rois mou* elles qui se Do^iect.

La Tille doit beaucoup plaire aux penonnes qui adorent la façade du séminaire de Sainl-Suliiice. On y Mlil en ce momenl dea édiflces superbes, dont l'architecture rappelle la Madeleine et le corps de gardedubouleiarddu Temple.

Suant A moi, en mettant à part le portail roman de la calédrsle, quelques vieilles maisons perdues et comme noyées dans les neuves, deux aiguilles d'ëglise et trois ou quatre tours d'eDceinle, dont une, qui est énorme, ressemble au ventre pantagruélique d'un bourgmestre, je ne suis pas digne d'admirer Zurich, J'ai v.iinement cherclic la fameuse tour de Wellemberg, qiù élait au milieu de la Limmat, etqai avait servi de prison au comte de flabsboui^ et au conseiller Waldman, décapité en 1488. L'auratl-on démolie?

Pendant que je suis en train, pardien, parlons de l'.iubergel kVhStelde CEpée, le vojageur nest pal écorchê; il est savamment diasèijué. L'h5telier tous vend la vue de ion lac à raison de liait francs par fenêtre et par jour, ta cliére que l'on fait à YhûUl de VEfée m'a rappelé un vers de Ronsard, qui, i ce qu'il parait, dinait mal :

Nulle part ces deux chevaui ne loat plus maarais qu'i YMUl de i'Epée.

A propos, je ne tous ai pas dit que Zurich s'appelait au* Irefois Turegwn. La Limmat le divise en deux villes, le grand Zurich et le pelit Zurich, q^ue réunissent trois beaux ponts, sur lesquels les bourgeois te promènent souvent, dit Georges Bruin de Cologne. La vigne est bien exposée au soleil. Il y a le vin de Zurich et leblé de Zuricii.

Je TOUS embrnsse, quoique je sois 1 Ireiie cent vingt pieds au-dessus de vous.

LE RIIN*

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