ET QUI SE MET AU-DESSUS DES AFFLICTIONS HUMAINES
Comme le cerf poussé désire la fontaine
Et court y boire avec plaisir; C'est ainsi que mon âme, ô Bonté souveraine,
De te joindre (1) fait son désir.
J'ai soif, et de toi seul coule la source vive
De cette eau de qui (2) naît la foi.
Devant tes yeux divins quand veux-tu que j'arrive?
Quand paraîtrai-je devant loi?
Mes larmes jour et nuit me servent de breuvage, Et mes soupirs percent les airs (3),
Quand j'entends le pécheur me dire avec outrage : Où donc est le Dieu que tu sers?
Repassant ces discours (4), je sens mon âme outrée
Tomber de douleur et d'effroi; Mais je sais, ô mon Dieu, que ta maison sacrée
Est un sûr asile pour moi.
1. Alex., 939 : Dans l'ardeur du combat, je l'ai vu, je l'ai joint.