‹ Œuvres inéditesChapitre 21 sur 31 · A GUSTAVE FLAUBERT · texte numérisé non relu

A GUSTAVE FLAUBERT

Un pauvre oiseau de mer, chassé par la tempête, Devant une fenêtre un jour vint se poser ; Un valet l'aperçut, qui se fit une fête De l'offrir à son maître et de l'apprivoiser.

Pour qu'il ne volât plus on lui coupa les ailes. Privé de l'Océan, l'oiseau ne put guérir ; De ceux qui l'avaient pris fuyant les mains cruelles Sur les rochers voisins il s'en alla mourir.

J'ai connu quelque part un jeune homme, un poète, Qu'à vivre comme un autre on voulut façonner ; Sous le niveau commun humiliant sa tête A la Muse sacrée il ne put se donner.

-SS- II disait : j'en mourrai. — Nul ne voulut le croire, De son visage morne il essuya les pleurs. On le croyait vaincu ! courte fut la victoire : La mort qu'il prévoyait a fini ses douleurs -'^

I Comparez, dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire, la poésie intitulée L' Albatros.

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