A M. Ange Blaize
Paris, 20 août 1846.
La dernière lettre d'Ange, et enfin la vôtre, mon cher ami, m'ont pleinement rassuré, après plusieurs jours de vive inquiétude. J'ignorais la nature de la maladie, et cette circonstance ajoutait encore à mes anxiétés. Ce n'est pas que j'eusse beaucoup gagné à la connaître, car elle était certainement d'une nature très-grave; la fièvre coupée, il n'y a plus rien à craindre : des précautions et le régime achèveront la convalescence. Je recommande l'un et l'autre à notre pauvre Augustine (1) que j'embrasse de cœur, ainsi que ses petits enfants.
Depuis le départ d'x\nge, j'ai été retenu chez moi, d'abord par une blessure au pied gauche, ensuite par la goutte a pied droit. Je ne suis pas encore débarrassé de celle-ci, quoique mieux cependant. S'il se trouvait dans votre voisinage quelque petite, très-petite propriété à vendre, je pourrais l'acheter pour y aller finir mes jours, car je suis de plus en plus dégoûté des hommes et du monde. Répondez-moi làdessus, je vous prie.
Je vous renouvelle à tous l'assurance de mon bien tendre attachement.