‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 113 sur 180 · A M. Dcssoliaire · texte numérisé non relu

A M. Dcssoliaire

Paris, 29 décembre 1847.

J'ai TLMju, mon cher Dcssoliaire, la lettre que vous m'avez écrite par la poste, et celle que renfermait la caisse conte-

nant les caleçons et les gilets de flanelle. Vous avez très-bien fait de donner beaucoup de largeur aux uns et aux autres, car la flanelle rétrécit toujours. Si vous avez besoin des 40 francs que je vous redois, indiquez-moi quelqu'un à qui je puisse les remettre à Paris, car il y aura loin d'ici au mois de février. Ma santé n'est pas des meilleures. J'ai beaucoup souffert de maux d'estomac, et voilà tout à l'heure deux mois qu'une douleur de jambe m'empêche de marcher et me force de garder la chambre. Je voudrais répondre à tous mes amis dont vous m'avez envoyé les lettres. Malheureusement le temps me manque pour cela, étant surchargé de travail. Mais dites-leur combien je suis touché de l'affection qu'ils me témoignent, et que je les porte tous dans mon cœur. Je les exhorte à persévérer dans les sentiments qui les animent. C'est ainsi qu'ils contribueront à préparer un avenir meilleur, et qu'ils allégeront pour eux-mêmes le poids du mal présent. Je ne suis pas instruit avec assez de détail de la position d'Hivernaud pour lui donner un conseil positif en chose si grave. Je craindrais de me tromper. Dites-lui seulement de ma part de se décider principalement dans le parti qu'il prendra, par l'intérêt de ses enfants. Je suis inquiet de la situation de notre bon Camus. Comment gagnant si peu, nourrir quatre enfants, au prix oiiest le pain ?I1 ne refusera certainement pas d'un père 20 francs que je vous prie de lui remettre de ma part, pour lui aider à passer l'hiver. Cela fera 60 francs que je vous devrai, et que je tiens à votre disposition.

Ne vous inquiétez pas des livres que vous avez distribués. Je vous en donnerai d'autres à votre prochain voyage. Si mon nouvel ami Pierre Robin vous accompagne, je serai

charmé de le voir. Dites aussi àV quïl a sa bonne

place dans mon cœur. Pour votre exellente femme, elle sait

ŒUVRKS INKDIÏKS I) K LAMF':NNA1S 213

bien, j'espère, qu'elle y est depuis i()n;,'tomps. Tout à vous et à jamais, mon cher et bon monsieur Dessoliaire.

38o. — Au iiii^me.

Paris, 3 janvier 18i8.

Je vous remercie, mon cher monsieur Dessoliaire, ainsi que tous nos amis que vous me nommez, de votre bon et affectueux souvenir. Je forme pour eux et pour vous les mémos vœux que vous formez pour moi. Le Père céleste les réalisera, selon que, dans les vues de sa Providence pleine d'amour, il jugera être le meilleur pour chacun de nous. Travaillons cependant, avec une ardeur toute nouvelle, à préparer l'établissement de son règne sur la terre. C'est le vrai but de notre vie, et nous ne devons jamais l'oublier.

Je comprends bien tout le plaisir que vous avez dû éprouver en donnant du pain à ces pauvres enfants qui en manquaient. C'est là clore heureusement Tannée.

Ma santé est toujours mauvaise, je ne puis encore sortir. Les mauvais temps passés, peut-être irai-je mieux.

Je vous réitère, mon cher monsieur Dessoliaire, l'assurance de mon dévouement affectueux.

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