‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 116 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Paris, 18 mai 1848.

Je vous engage fort, mon cher Dessoliaire, à ne point quitter Neuvy. 11 n'y a point d'état plus malheureux que celui des ouvriers à Paris maintenant, et cela ne peut qu'augmenter jusqu'à ce que les choses ne reprennent une assiette quelconque. Nous sommes ici en pleine réaction, grâce aux représentants que l'intrigue nous a envoyés. Je crains que le combat ne recommence, et c'est ce que ces gens-là demandent, dans l'espoir d'une restauration sur laquelle les partisans de la branche aînée et ceux de la branche cadette se sont entendus. Espérons que Dieu nous sauvera de leurs complots qui, s'ils réussissaient, jetteraient la France dans l'anarchie et la guerre civile. Les communistes et les terroristes nous ont fait bien du mal; ils ont été et sont encore le meilleur appui des factions par la crainte générale qu'ils inspirent et le désordre qu'ils ont jeté parmi les ouvriers qui ne veulent plus reprendre le travail.

Joseph vous a menti, et c'est chez lui une vieille habitude. Il y a un mois qu'il n'est plus chez moi. C'est un jeune homme fort dangereux, et dont j'aurais dû me défaire plus tôt.

Je vous ferai adresser les deux volumes que vous me demandez. Patureau que j'ai vu ici avec joie, vous fera passer une trentaine d'exemplaires du Projet de Constitution et des cinq articles sur le travail que vous avez lus dans le Peup constituant, et que j'ai fait réimprimer ensemble.

Souvenirs aiïectueux à tous nos amis.

Votre bien dévoué.

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