A M. Dessoliaire
Paris, 16 novembre 1848.
D'après les informations que je viens de prendre, mon cher
monsieur Dessoliaire, le dernier paquet que je vous ai fait
adresser, enveloppé avec soin de toile cirée, contenait, outre U 15
les exemplaires du Livre du Peuple et les Paroles d'un croyant, deux exemplaires en bon état de mon dernier ouvrage. Au reste, j'en tiendrai un autre à votre disposition. Veuillez le faire prendre chez moi quand vous en trouverez l'occasion. Quant à la petite somme que vous voulez me rembourser, ne me l'envoyez pas, elle entrera dans notre prochain compte.
Je parlerai de nouveau à M. Arago de l'affaire d'Alexis Camus. D'après ce que le premier m'avait dit, je la croyais terminée selon les désirs de notre ami. Maintenant je crains que les règles administratives n'y aient apporté le retard qui l'inquiète.
Vous comprenez fort bien la distinction des trois ordres d'êtres, et je n'ai rien à ajouter là-dessus.
J'ai recommandé qu'on vous envoyât des exemplaires delà déclaration des représentants de la rue Taitbout, signée de Ledru-Rollin ; on peut la regarder comme son manifeste. Gavaignac et Louis Napoléon travaillent à grands frais à répandre leur candidature. La république
Mais avec du courage et de la persévérance, nous la sauverons, et les mauvais jours mêmes que nous avons à traverser, éclaireront le peuple trompé en ce moment par ses ennemis. Faisant notre devoir. Dieu fera le reste.
Votre bien dévoué.
. 400. — Au méine,
Paris. 30 novembre 1848.
Vous n'aviez nullement besoin d'insister, mon cher monsieur Dessoliaire, sur le contenu du paquet qui vous a été envoyé. Gela ne pouvait certes souffrir aucun doute. Vous
retiendrez sur le prix des petits livres les 1 franc 45 centimes de port qu'on a oublié de payer ici, et quant au second exemplaire de mon dernier ouvrage, je le tiens à la disposition de la personne que vous chargerez de le prendre chez moi.
Je n'aurai pas besoin cette année de pantalons d'hiver. Je suis abondamment pourvu de tout le nécessaire.
On m'a promis de vous envoyer des exemplaires de la déclaration des représentants de la Montagne. Peut-être les avez-vous déjà reçus, car l'envoi devait vous être fait immédiatement. La candidature de Ledru-Rollin prend on ne peut mieux dans la plupart des départements, et j'espère qu'elle réunira une forte minorité. Sans l'ignorance des gens de la campagne que trompent les intrigants, elle l'emporterait sur toutes les autres, au grand bénéfice du peuple.
Il est vrai que Jésus-Christ, né Juif, commença tout naturellement sa prédication chez les Juifs, et dut d'abord les appeler à soi. Les autres, de proche en proche, devaient venir plus tard. Peu importent, au reste, les détails quelquefois obscurs qu'on trouve dans l'Évangile. Ce qui nous intéresse, c'est la doctrine, et celle-ci est parfaitement claire.
Je vous renouvelle l'assurance de mon ail'ectueux dévouement.