‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 133 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Paris, 28 juiUet 1849.

J'apprends avec grand plaisir, mon cher Dessoliaire, que vous êtes arrivés vous et madame Dessoliaire, bien portants à Ncuvy. Je vous recommande très-instamment le soin de votre santé. J'ai plus de confiance dans le résultat des conseils que je vous ai donnés, que dans les prescriptions du médecin. Ne vous pressez pas d'avoir recours à la saignée, et surtout à des saignées périodiques; l'essentiel est de ne point fatiguer votre tôte et de faire chaque jour un peu d'exercice, si vous le pouvez.

D'après ce que vous me dites, je vois que vous entendez suffisamment ce qui touche la raison du droit et du devoir, qui no sont radicalement que les doux conditions les plus universelles de l'i^xistence des êtres, dans leur rapport à

l'homme. Ce que vous comprenez bien, vous le ferez aisément comprendre aux autres. Les explications, d'ailleurs, doivent varier suivant la mesure d'intelligence et l'ouverture d'esprit de chacun.

M. Barbet vous remercie de votre souvenir et me charge de vous transmettre l'assurance de son amitié.

Dites à madame Dessoliaire combien j'ai été heureux de la connaître personnellement, et que je compte sur son affection, comme elle peut compter sur la mienne.

J'embrasse vos petits enfants, et je suis tout à vous.

Paris, 20 août 1849.

J'apprends avec bien du plaisir, mon cher Dessoliaire, que votre santé est bonne. Elle se conservera telle, si vous suivez les recommandations qui vous ont été faites à cet égard. Pour moi, j'ai été très-souffrant de l'estomac dans ces derniers temps; mais depuis deux jours je commence à me trouver mieux.

11 est certain que les Évangiles sont malheureusement d'un prix trop élevé pour le peuple. Je ne peux rien à cela, car l'ouvrage appartient pour plusieurs années encore aux éditeurs, et il sera bien difficile de le donner jamais à aussi bon marché qu'il faudrait pour qu'il pût se répandre beaucoup, les frais d'impression et de papier étant pour cela trop considérables.

Je vous engage à ne lire aucun livre do médecine, même celui de M. Raspail. Ces sortes de lectures ne sont pas sans danger. Un bon régime quand on se porte bien, un bon médecin quand on est malade, il n'y a d'utile que cela. J'ai vu

des exemples très-tïinestes de lu manie de se traiter soimôme, et presque toujours pour des maladies qu'on n'a pas et que, sur des connaissances incomplètes ou fausses, on s'imagine avoir.

Elic est maintenant à Montreull-sur-Mcr, d'où il vous écrira sans doute. M. Barbet me charge de vous dire beaucoup de choses ailectueuses. Souvenir d'amitié à madame Dessoliairc. J'embrasse Louise et ses petites sœurs.

Votre dévoué.

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