‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 141 sur 180 · Ah même · texte numérisé non relu

Ah même

Paris, 30 juin 1850.

Je reçois à l'instant, mon cher Dessoliaire, votre lettre du 28 juin. J'ai reçu aussi celle du 24. Que madame Dessoliaire ne s'inquiète pas outre mesure des tracasseries dont vous êtes Tobjet. On en exerce partout de semblables pour effrayer les populations, et les façonner à la servitude que l'on veut faire peser sur elles, en les empêchant d'user des droits mêmes qu'on ne leur a pas encore enlevés. Les signatures de femmes et de mineurs sur une pétition peuvent être légalement sans valeur; mais ce ne sont point des faux. Vous n'avez donc absolument rien à craindre de ce côté. 11 faudra que, pour vous atteindre, les persécuteurs cherchent un autre prétexte. Veillez ii no point leur en offrir, et ensuite, quoi qu'ils fassent, soyez en paix, car il est écrit : « Heureux ceux

qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. » Dieu n'abandonnera jamais les siens. Plus les violences des ennemis de l'ordre sont aveugles, plus ils s'efforcent d'arrêter le progrès social, de refouler l'humanité dans les ténèbres où ils espèrent étouffer ses droits, plus leur règne sera court. Ils ne vaincront pas l'éternelle justice. Espérance donc, et foi et amour. Avec ces trois choses bien avant dans le cœur, on triomphe de tout.

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