A madame Stéphanie Geoffroy Saint-Hilaire
Jeudi, 7 novembre 1850.
J'apprends, madame, avec beaucoup de peine, qu'au lieu d'être à la campagne, comme je le pensais, vous êtes au lit souffrant depuis plusieurs mois. Bien que, grâces à Dieu, votre indisposition ne soit pas dangereuse, toujours est-il que la privation de l'air extérieur et du mouvement est rude à supporter, et que je hâte de tous mes vœux le moment oii vous pourrez reprendre vos habitudes ordinaires. Patience et courage, voilà, en attendant, ce que l'on doit vous souhaiter. Vous ne manquez ni de l'un ni de l'autre, mais il est triste d'en avoir besoin, et triste de n'avoir que ce soulagement à offrir à une personne pour qui l'on voudrait tant pouvoir davantage.
Je vous remercie de la bonté que vous avez eue de m'envoyer le petit paquet que Dessoliaire vous a adressé pour moi. Il a dû vous expliquer pourquoi il a eu recours, en cette occasion, à votre obligeance. Pardon de la peine que cela vous a donnée. A ce remercîment j'en joins un autre pour le charmant rosier qu'on m'a remis de votre part, et qui fait en ce moment l'ornement de mon cabinet.
Veuillez faire agréer mes souvenirs affectueux à toute votre famille, et particulièrement à madame Geoffroy. Le plus dévoué de vos serviteurs.