A M. Dessoliaire
Paris, 2 janvier 1851.
Je vous remercie, mon cher Dessoliaire, des vœux que vous faites pour moi. Ceux que je forme pour vous et pour
toute votre famille ne sont ni moins sincères ni moins vifs. Puisse cette nouvelle année vous ôtre aussi douce qu'il est permis de l'espérer en des temps aussi tristes que ceux qu»? nous font les hommes du passé. Toutefois, quoi qu'ils fassent, le monde s'avance vers des destinées meilleures, et l'œuvre de Dieu s'accomplit tous les jours. Les gendarmes u'arrôtont pas la lumière, et le souffle de la vie nouvelle pénètre à travers les murs des cachots. Le printemps approche où tout renaîtra. Semons donc sans relâche, semons le hon grain, déposons dans la terre aujourd'hui froide et nue, les germes d'où sortira la moisson future. M. Barbet vous fait ses amitiés et y joint mille souhaits de bonne année. J'ai eu dernièrement des nouvelles d'Elie, qui se porte bien, ainsi que ceux de nos amis qui sont ici. Bien à vous de cœur.