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Genève, le 19 mai 1824.
J'ai reçu ta lettre numéro 4 qui m'a fait, comme toutes les autres, un extrême plaisir. Il est curieux d'observer, dans tout ce qui se passe, la marche du système ministériel, et le progrès de la corruption des cœurs et des esprits. Tout cela, quoi qu'on en dise, nous mène directement à une révolution qui me paraît de jour en jour plus inévitable.
M. Vuarin partit hier pour Lyon ; il sera de retour aprèsdemain ou samedi au plus tard. Nous partirons sur la fin du mois ; le jour, je ne le sais pas encore. Ce sera ouïe lendemain de l'Ascension, ou le lundi suivant. Il me tarde de connaître l'état de Rome pour les hommes et pour les choses. Je crains bien de trouver là quelque chose d'analogue à ce qu'on voit ailleurs. Enfin il sera toujours extrêmement utile de savoir à quoi s'en tenir. C'est dommage qu'il faille trois ou quatre mois pour cela; car jamais le temps ne fut plus regrettable qu'aujourd'hui. Au reste, dix ans d'étude m'au raient moins servi que ce que j'ai déjà vu.
Je suis enchanté qu'on rende compte de VF.sscn dans le Mémorial et je désire beaucoup que les deux articles paraissent dans 1rs livraisons suivantes. L'impression qui en résultera me sera favorable à Home au moment où j'y arri-
■verai, et ce n'est pas, il s'en faut bien, une chose à négliger.
Fais-moi le plaisir de rappeler de temps à temps à Gudennec mon affaire avec Méquignon.
J'ai recommandé le petit Ange aux prières de M. Vuarin et je prierai de mon côté pour lui. Je l'embrasse ainsi que Louis de tout mon cœur.
Il est heureux que les Missionnaires succèdent à M. Liautard ; ce sera un bon établissement de plus, et un puissant moyen d*action, s'ils savent le mettre à profit ; n'oublie pas de leur recommander la Librairie classique.
Mille choses tendres à Ange quand tu lui écriras. Souvenir à tous nos amis. Je t'embrasse bien tendrement. Écrismoi le plus tôt que tu pourras.