‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 39 sur 180 · l'abbé X · texte numérisé non relu

l'abbé X

Le 7 janvier d828.

M. l'abbé Perreau connaissant assez particulièrement la personne qui m'avait proposé quelques avances de fonds, c'est à lui que j'écris, mon cher ami, et je vous prie de le voir de ma part, pour savoir la réponse qu'on lui aura faite.

Je trouve fort convenable que vous cherchiez une autre maison. Quelque part que vous vous logiez, réservez-moi, je vous prie, une chambre oii vous ferez transporter mes meubles. Je puis, au moment le moins prévu, être obligé d'aller à Paris pour mes tristes affaires, et je désire y trouver un lit en arrivant.

Dites à Mahony tout l'intérêt que j*ai pris à ses cruelles inquiétudes. Je ne lui ai point écrit, parce que je suis souffrant moi-même, très-souffrant, j'ai bien de la peine à porter mon fardeau. Demandez à Dieu pour moi la force dont j'ai grand besoin.

Il n'est pas vrai que les Journées chrétiennes eussent été renvoyées à Rennes. J'ai écrit aux libraires, dont je suis fort

mécontent. Je crains bien d'ôtre encore mal embarquô avec ces gens-là: mais c'est ma destinée.

Les petites choses qui doivent m'occuper peut-être encore deux ou trois mois, m'inspirent un dégoût extrême. Après tout, c'est comme tout le reste.

J'avais parfaitement signé tous les articles du Mémorial. Quelques articles un peu plus légers lui seraient fort utiles. 11 y a une petite teinte d'ennui dans l'ensemble. Votre article est bon, mais trop court; celui de Deniel est bon aussi, mais trop long.

Je crains comme vous que les ressources ne manquent h M. G... Le moment, sous ce rapport, n'est guère favorable. Nous approchons de la crise, et la persécution n'est pas éloignée. Je sais là-dessus des choses qui ne me laissent pas le moindre doute. C'est à deux ou trois années près.

J'ai toujours peur que vous ne vous laissiez manquer. Si vous avez besoin d'argent, dites-le-moi; j'en chercherai^ et, avec l'aide de Dieu, j'en trouverai,

11 y a environ deux mois que je n'ai vu mon frère. Il doit venir à Dinan ce mois-ci, mais je ne sais pas quand. J'ai eu Marion un jour; il me parle toujours de vous avec une amitié bien vraie. Mon beau-frère a perdu sa mère. Il a passé ici une fois en trois mois, en revenant de voir ses enfants qui sont à Dinan. Je vous mande, comme vous voyez, des choses fort intéressantes ; mais que voulez-vous, je ne sais que cela.

M. Duquet ne pourrait-il pas recueillir quelques variétés dans les journaux allemands et anglais.

Vous ai-je dit que j'avais dit la messe de minuit ? A la troisième je me trouvai mal, ce qui me troubla fort. Enfin j'achevai, et le lendemain dans l'après-midi, cela passa.

Je vous envoie deux lettres ouvertes. Tune pour le Pèro

Brzozowski, l'autre pour le Père Ventura. Lisez-les, puis faites mettre l'adresse, et envoyez-les par la poste.

Que fait Laurentie? Je ne vois rien de lui dans la Quotidienne. Je pense qu'il met à profit les loisirs qu'on lui a créés. Je vous charge de mille amitiés pour lui.

Il paraît que l'abbé D*** n'est pas venu , puisque vous ne

m'en avez point parlé. Le Quœrite primum regnum Dei^ n'est

guère de ce siècle. Il y a encore de bons désirs; mais l'esprit

de zèle, l'esprit de foi, l'esprit de sacrifice, allez le chercher.

Les âmes sont comme les corps, affaiblies et molles. On

garde son courage entre deux papiers de Chine. A la bonne

heure !

Tuissimus in Christo.

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