‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 40 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Le 23 janvier 1828.

J*ai reçu votre lettre, mon cher ami, et j'attends celle que m'apportera Auguste Martin. Mon frère devait être ici hier, mais il est retenu à Rennes près de mon pauvre père, que nous perdrons probablement bientôt. Je vous demande de prier pour lui. Préparé comme il l'est par tant de souffrances, je le trouve heureux de s'en aller à la veille des maux qui vont nous atteindre.

L'abbé P... m'a écrit; ni lui, ni l'abbé de Salinis n'avaient rien compris à ma lettre , et c'est à mon tour ce que je ne comprends pas.

Je regrette la peine qu'on vous fait prendre pour un article parfaitement oiseux. Est-ce que, s'il faut une loi, on n'en fera pas une? Est-ce que, sans aucune loi, il n'atteindront pas leur but par une simple réorganisation de l'instruction

publique? C'est une question de Tan dernier, c'est-à-dire du siècle dernier, que celle que vous traitez, et je doute fort qu'elle place le A/6'mona/ dans la position qui devra ôtre la sienne, lorsque la guerre commencera. Enûn c'est fait, il n'y a plus rien à dire.

Vous ne m'avez pas répondu sur les notes demandées à M. Drach. Je voudrais les avoir avant le bouleversement.

Je vous prie aussi de presser M. Gibonpour sa traduction latine. Il m'obligerait fort, s'il pouvait achever promptement ce travail.

Je m'occupe en ce moment du Guide du premier âge. J'ajoute cinq chapitres à celui qui est publié. Ce travail m'ennuie, à cause de celui qui reste en arrière ; et puis je n'ai point de forces : mon cœur s'use et mon esprit baisse.

J'ai lu dans les journaux que M. le Duc de Bourbon donnerait son château d'Écouen pour l'école des chevaliers de Saint-Louis. Ce sera un établissement qui pourra devenir fort beau ; puisse-t-il, en même temps, devenir meilleur.

Je dois à l'abbé de Salinis le prix du chocolat qu'il m'a envoyé. Il m'obligerait d'en faire venir douze autres livres de Bayonne. Je lui payerai le tout ensemble. Ayez la bonté de m'informer à combien cela se montera. Je suis obligé de prendre quelque chose le matin, et je crains le Ihé et le café, voilà pourquoi je me pourvois de chocolat.

Mille amitiés à Mahony et à tous les autres que je ne nomme pas. Bien tendrement tout à vous.

J'ai encore oublié votre numéro, et perdu la lettre où vous me le donniez.

72 ŒUVRES INÉDITES DE LAMEiNNAIS

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