‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 55 sur 180 · A Fabbé X · texte numérisé non relu

A Fabbé X

Rome, ie 14 mars 1832.

Votre dernière lettre m'a fait beaucoup de peine, à cause de ce que vous me dites de votre santé. Ayez-en, je vous prie, tout le soin possible, et ne reprenez le travail qu'autant que vous vous sentirez tout à fait bien. J'espère que le petit voyage que vous vous proposiez de faire en Belgique, aura contribué à vous remettre, car toujours le mouvement et la distraction diminuent vos spasmes. Dans le cours de l'été, je vous recommande de fréquents voyages à Juilly, dès que vous sentirez un commencement de fatigue. Je voudrais bien pouvoir vous aider. Mais quand cela me sera-t-il possible? Je ne saurais prévoir la fm de mes affaires, ni quel sera le jugement du tribunal civil. Dieu multiplie les épreuves, il faut les recevoir de sa main. J'irai dans deux jours m'établir chez le Père Ventura, et si, comme on en parle, il était nommé à l'archevêché de Palerme, il se pourrait que je fisse ce voyage avec lui. Lacordaire vous racontera en détail tout ce qui s'est passé depuis notre arrivée ici. Nous avons obtenu tout ce que nous demandions et que nos ennemis voulaient empêcher, l'examen de nos doctrines et une audience du Pape.

Nous eûmes celle-ci hier, et nous fûmes reçus avec beaucoup de bonté. C'était le cardinal de Rohan qui nous pré-

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senta. Il ne fut, en aucune façon, question d'ailaires. L'examen pronriis devant être long, il faut ne rien négliger pour soutenir et pour étendre VAgcncc, en attendant qu'on soit en état de prendre un parti au sujet de VAvenir... La Providence prépare des changements dont les conséquences seront grandes pour l'Église. Nous approchons de l'époque de son affranchissement. Jusque-là prenons patience, et travaillons et combattons, tant qu'il sera possible de travailler et de combattre.

Jq désirerais beaucoup que vous pussiez voir mon frère ce printemps, pour causer avec lui de la Congrégation. Lacordaire vous dira mes idées à ce sujet, idées que j'ai communiquées au Père Ventura et qu'il approuve beaucoup. N'oubliez pas, je vous prie, de me dire votre avis, et, plus tard, ce dont vous serez convenu sur ce point avec mon frère.

Vous avez parfaitement fait de recueillir chez nous ce bon jeune homme de la pension de M. Mayer. C'est une bonne œuvre que Dieu bénira. Je vous embrasse bien tendrement et suis, mon cher ami, tout à vous de cœur.

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