Au même
Paris, 18 janvier 1845.
Je compatis de tout mon cœur, mon cher monsieur Dessoliaire, à la douleur si vive que vous venez d'éprouver. Vous ne vous laisserez cependant point dominer par elle, et si la nature souffre en vous, la foi adoucira ce qu'une telle perte a de désolant pour un père. Nous ne sommes point, dit Saint Paul, comme ceux qui n'ont point d'espérance; nous croyons à une vie meilleure que celle-ci, et n'y a-t-il pas à se réjouir pour ceux qui nous sont chers, que Dieu se soit hâté de les en mettre en possession, et leur ait épargné les misères de tout genre à travers lesquelles nous nous acheminons vers elle ? Je le prie d'être lui-même votre consolateur. Il n'y a de paix que dans une parfaite soumission à ses volontés.
Madame Stéphanie Geoffroy-Saint-Hilaire a reçu votre lettre qui lui a fait beaucoup de plaisir. Elle n'en aura pas moins à vous voir, lorsque vous viendrez à Paris. Selon ce que vous lui mandez, ce sera au mois de juin prochain. Je n'aurai d'ici là besoin de rien ; de sorte que, dans ce voyage, vous pourrez prendre ma mesure^ et c'est à vous que je m'adresserai pour tout ce qui mo sera nécessaire en fait des choses de votre état, bien entendu, de manière qu'il n'en résulte aucun préjudice pour vous. Je vous réitère, mon cher monsieur Dessoliaire, l'assurance de mes sentiments les plus affectueux et les plus dévoués.