Al' nirine
Paris, :jO mai 1845.
Uni jamais, voulant Taire le bien, n'a pas rencontré des contradictions de toute sorte? Ne vous étonnez donc point, mon cher monsieur Dessoliaire, de celles qu'on vous suscite. Elle passeront, et la vérité restera. 11 faut du temps pour qu'elle se répande, pour qu'elle germe et porte son fruit. Mais personne n'en saurait arrêter la croissance, et le jour de la moisson arrive tôt ou tard. Je m'unis de cœur à vos efforts, et aux efforts de tous ceux qui travaillent, dans la sincérité d'une âme droite, à l'avènement du royaume de Dieu. 11 viendra, quoi que puissent faire les méchants, les aveugles pour l'empêcher, et les peuples qui l'appellent, béniront sa venue avec des chants de joie.
Je vous ferai adresser par la poste les deux volumes que vous me demandez. Veuillez les accepter comme un léger gage de mon affection.
Ayant déjà deux gilets noirs, j'aime mieux garder ce qui restera de drap pour raccommoder le pantalon. Quant au gilet de Casimir, j'avais oublié de vous prier de le faire de manière qu'il puisse boutonner jusqu'au haut. S'il était déjà coupé autrement, ne vous en inquiétez pas.
Votre bien dévoué.