A VOUS AYMER
Mignonne, enfin, voila que c'est :
Vostre langage me desplaisî ; Vos humeurs, vostre continence...
Je veux dire ce que je pense.
Je ne me puis accousîumer A vous aymer.
Ou c'est faulte en vous de beauté, Oufaulte en moy de volonté :
Peut-estre que c'est run et l'autre.
Car je ne sçaurois estre vostre.
Je ne me puis, etc.
Ou bien c'est quelque estre jaloux Qui met ce discord entre nous, Ou bien le destin qui s'oppose, Ou bien [encor] quelqu' autre chose.
Je ne me puis, etc.
Je ne suis point dissimulé; Mon cœur ne peut estre bruslé Par une petite estincelle D'une si petite chandelle.
Je ne me puis, etc.
C'est un prodige audacieux Qui s'envolle jusques aux deux.
Et, s'il faut qu'un feu le consume.
Il faut qu'un beau soleil l'allume.
Je ne me puis, etc.
Prenez donc resolution
De mon deffault d'affection ;
Et, sans vous tenir en attente,
J'ay d'aultre amour qui me contente.
Je ne me puis, etc.