COL IX
Ah ! ce nest pas à moi d'être étonné si les sentimens que Blanche inspire restent profondément gravés.
LE PRI ?ÎCE.
Plaignez-moi donc.
COLIN
Monseigneur, si vous êtes à plaindre, que suis-je donc , moi?
LE PRINCE
Vous déchirez mon cœur. Ecoutezmoi •• si la plus brillante fortune , si les biens , les honneurs , pouvaient vous tenir lieu.. .
COLIN
Je vois bien que je vous importune :
pardon, monseigneur; je n'aurais ja-
ACTE 11, SCÈKE V. I75 maïs pris tant de liberté , si vous n'étiez le père et l'ami de tous vos sujets : hélas! je serai le seul de vos enl'ans dont vous n'aurez pas fait le bonheur.
Il s'en va.
LE PRINCE
Arrêtez , mou ami , arrêtez : je n'ose, je ne peux rien vous promettre ; mais je ferai tous mes efforts pour vous rendre une félicite que vous venez de m'ôter. ( Il appelle.) Frédéric ! Conduisez ce jeune homme , informez-vous de sa demeure , comblez-le de mes biens : jamais je ne peux être quitte avec lui.