‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 111 sur 134 · TOME I. l · texte numérisé non relu

TOME I. l

TyO BLANCHE ET VERMEILLE,

je ne le suis pas assez pour vous rendre le cœur que vous avez perdu.

COLIN, d'un ton doux et tremblant

C'est pourtant vous qui ine 1 avez enlevé.

TE PRINCE

Moi! Que dites-vous?

CO LIN

(3ui , monseigneur. Un jour que vous étiez à la chasse , vous avez vu celle que je regrette : elle m'aimait alors , j'étais le plus heureux des hommes j vous êtes devenu mou rival , et j'en suis le plus infortuné.

LE PRINCE

Qu'eiitends-je? Expliquez-vous. Serait-ce Blanche ?

C'est elle-même.On dit que vous allez lui donner votre main : Il ne m'appar-

ACTE II , SCENE IV. I 7 I tient pas de murmurer du bonheur de mon maître j mais vous, monseigneur, qui êtes si juste , qui m'écoutcz avec tant de bonté , ne méritez-vous pas un cœur entièrement à vous, un cœur qui n'ait jamais chéri , jamais connu que vous seul? Blanche m'a aimé, elle m'a aimé dès son enfance 5 et vous savez sûrement mieux que moi que l'on peut manquer à ses premiers sermens , jnais que jamais on ne les oublie...

Vous ne me répondez pas , monseigneur; suis-je assez malheureux pour vous avoir offensé?

LE PRINCE

ÎSon, Colin ; non , mon ami. Je vous écoute , je sens que vous me dites vrai : vous m'éclairez , vous m'afiBigez ; mais vous ne m'ôtez pas l'amour que j'ai pour elle.

COLIN, tristement.

Vous l'aimez donc beaucoup, monseigneur?

ï'J-2 BLA>CHK ET VERMEILLE , LE PRINCE.

Beaucoup plus que je ne voudrais.

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