‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 18 sur 134 · ACTE I, SCENE III. IQ · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III. IQ

l'avais dit d'abord , je t'aurais aimée tout de suite.

LISETTE

Je suis ici par l'ordre de M. Doival:

à peine a-t-il su que Nérine venait d'être renvoyée de chez vous , qu'il m'a suppliée de quitter Madame sa mère, à qui j'appartenais, pour venir remplacer Nérine, qu'il a mise à ma place: de sorte que moyennant ce petit troc , bien innocent , les choses sont parfaitement comme elles étaient avant que Monsieur votre père les dérangeât.

AJb ! ma chère Lisette , que nous t'avons d'obligations !

LISETTE

^e perdez pas de temps à me remercier, et mettez-moi au fait de votre maison.

AGATHE

Elle n'est pas considérable. Je n'ai

20 L ADROITE SUIVANTE, que mon père, qui est le meilleur et le plus honnête homme du monde ; mais le père de Donnai lui suscita un procès qui dure encore, et mon père nourrit depuis plus de trente ans une aversion insurmontable pour la famille de son ennemi.

LIS Ette.

Aous savons cela.

AGATHE

Ce n'est pas mon seul malheur. Il s'est introduit dans notre maison une espèce de grand seigneur qui a tourné la tête à mon père. C'est un M. de Fatenville , qui se dit d'une très-grande maison , que personne ne connaît , mais que tout le monde croit sur parole , excepté moi. Ce M, de Fatenville va souvent à Versailles j il prétend qu'il est 1 ami de tous les ministres , qu'il donne toutes les places , que tout se fait par son crédit. De temps en temps , pour soutenir ce crédit , il emprunte de l'ar-

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