ACTE I , SCENE VI
LIS ETTE
Commencez par m'aimer et par me servir.
LUBIN
La première besogne est laite , mettons-nous vite à la seconde. M. le comte , voyez-vous, c'est un homme... fort singulier... c'est un homme... Je ne pourrai jamais vous dire ce qu'il est ; mais je vous dirai bien tout ce qu'il fait.
LISETTE
Eh bien ! voyons.
LU BIX.
Le matin , il se lève, et tout de suite il va à son secrétaire, où sont de petits rouleaux de louis d'or j il les compte , il les regai'de , puis il se met à rire en lui-même , et il les renferme. Ensuite il plie des feuilles de papier blanc , comme si c'étaient des lettres , et il écrit sur l'adresse : A M. le maréchal un tel • A 3L le prince un tel ; puis il les ca-
36 l'adroite SUIVA^T£, chette. Ces lettres-làne sont pas pour la poste , car il n'y a rien dedans : c'est pour sa cheminée, oii il les met bien en vue. Ensuite il sort pour aller dîner dans des maisons oii l'on joue gros jeuj il rentre le soir fort tard , et ordinairement il rapporte des louis d'or qu'il va enfermer avec les autres dans le secrétaire, et il rît encore comme le matin. Quand il n'en rapporte point , il ue rit pas , il me bat.
LISETTE
J'entends : c'est-à-dire que ton maître aime beaucoup l'argent.
Oh ! il ne faut pas le lui reprocher , car il n'aime que cela.
LISETTE
Fort bien. Et quelles sont les maisons cil il va le plus? ses connaissances? ses amis?