‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 40 sur 134 · ACTE II, SCÈNE IJl. l\r · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IJl. l\r

passé cl.ez vos principaux juges : ils m'ont assuré qu'ils auraient pour mes sollicitations tous les égards que j'avais droit d'attendre. Je leur ai dit qu'en vous obligeant c'était niobliger moi-même , ainsi que le ministre mon ami.

Hélas! Monsieur le comte , j'ai besoin plus que jamais de vos bontés j car mon avocat , de chez qui je viens , m'a l'ort effrayé. Je dois être jugé avant deux jours, et il m'a dit que si nous ne pouvions pas lui mettre dans les mains un certain titre qui nous manque, nous étions sûrs de perdre tout d'une voix.

FATE.VVILLE.

Qu'est-ce que c'est qu'un titre qui vous manque ? J'ai des titres pour vous et pour moi ; et si je voulais employer toutes mes batteries, je vous répondrais bien du gain de votre procès.

48 l'adroite suivante,

Ah ! Monsieur le comte , je vous supplie....

FATEN VILLE

Mon Dieu ! mon amitié pour vous m'en dit assez ; mais ne voyez-vous pas que je me trouve embarrassé en sollicitant pour vous ? Tout le monde sait bien que nous ne sommes point parens ; et comme il n'y a pas de lien qui nous attache l'un à l'autre, on est en droit de douter du vif intérêt que je prends à votre affaire. Sans cela, avec un mot du ministre , qui justement est à Paris aujourd'hui , vous jugez bien que vous gagneriez tout d'une voix.

MONDOR

Ah ! Monsieur le comte , si j'osais vous faire part dun projet que j'ai depuis long-temps ! si je pouvais être assez heureux...

a<:te h, scène m. 49

F ATENVI LLE.

Dites , expliquez-vous ; je suis votre

ami.

MONDO R

J'ai une fille ^ vous la connaissez , elle est aimable et belle ; c'est mon unique enfant, et j'ai un million de bien. Tout cela es t bien peu pour un homme comme vous , Monsieur ; mais si Tamitié dont vous m'avez honoré pouvait suppléer...

TATENVILLE.

Je vous entends, M. Mondor, et je vais vous parler avec toute la franchise de mon caractère. J'ai déjà refusé vingt partis plus brillans les uns que les autres ; j'avais résolu d'attendre que ma fortune , un peu dérangée , comme vous le savez, fût raccommodée par les bienfaits de l'Etat : mais vous êtes dans un danger pressant, vous avez besoin de tout mon crédit 5 mon amitié Temporte.

J'épouserai votre fille , je publierai que je suis votre gendre, et je suis TOME I. 5

ravi , mon cher Mondor , de vous donner cette marque d'attachement.

MONDOR

Permettez que je vous embrasse , c'est aujourd'hui le plus beau jour de ma vie.

Si nous sommes sages , nous ne perdrons pas de temps : plus tôt je serai votre gendre , plus tôt nous gagnerons notre procès. Parlez dès aujourd'hui à votre fille. Je cours de ce pas chez mon anii le ministre Tinformer de tout ceci, et le prier d écrire aux j uges. Je reviens de là faire ma visite à Agathe.

MONDOR

Vous la trouverez toute disposée et aussi reconnaissante que son père.

F AT EN VIL LE

Adieu ; faites avertir le notaire , je ne veux pas perdre un instant à vous servir... {Ilva , et- revient. ) A propos ,

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