ACTE ir, SCÈNE VII. ^7 AGATHE
Comment ! que veux-tu faire ?
Obéissez. Donnez-moi votre éventail j ajoutez quelques diamans à ma coiffure. Allons donc, maladroite j dépêchez-vous.
AGATHE
Tiens , voilà mes bracelets.
LISETTE
Donnez. Approchez-moi un fauteuil.
(Elle s'assied.) Eh bien! me trouvezvous Tair d'une femme de condition ?
Vous voyez bien que cet air-là tient souvent à un tablier de moins et à quelques diamans de plus.
AGATHE
Quel est ton projet, Lisette?
L ISETTE.
Asseyez-vous là ,et je vais tout vous
58 l'adroite suivante ,
diie. M. de Fatenville peut arriver quand il lui plaira. 3Iettez-vous bien dans la tête que je suis une marquise picarde , veuve et maîtresse de cent mille livres de rente. Je vous ai connue au couvent, et je suis en visite chez vous. Quand M. le comte viendra, vous le recevrez assez mal , et vous me laisserez dire tout ce que je voudrai.
Mais comme M. votre père pourrait , en arrivant , reconnaître madame la marquise et déranger le respect que je vais m'attirer de la part de votre prétendu , nous nous disputerons , vous sortirez et me laisserez tête à tête avec le futur. Pendant ce temps - là vous veillerez à ce que M. votre père ne vienne pas nous interrompre. Le reste me regarde. J'entends Fatenville ; vite , du respect.
AGATHE
Et comment t'appelles-tu?
ACTK II, SCKNE VIII. Sq
LISETTE
La marquise de Mircour , picarde , veuve, cent mille livres de rente.