‹ Œuvres inédites (volume 3)Chapitre 50 sur 89 · AU CHAWTRE DES PASTEURS DU GARDON ET DE BEADRIVAGB · texte numérisé non relu

AU CHAWTRE DES PASTEURS DU GARDON ET DE BEADRIVAGB

Moi , qui plaçai mon ermitage

Dans les bois du Palais-Royal ,

Qui ne fis de pèlerinage

Qu'au spectacle, aux festins , au bal,

Je veux le voir ce beau rwage,

Ce beau vallon de Florian ,

Où la femme n'est point volage,

Où le berger est toujours sage;

Où le dieu qu'on nous peint enfant ,

Peut visiter chaque bocage ,

Sans trouver un cœur inconstant.

Amour î surcet heureux rivage

Jamais , jamais de ton bandeau

Tu n'eus besoin de faire usage ,

Ni de rallumer ton flambeau.

Guide-moi près des sœurs d'Estelle ;

S'il en est quelqu'une aussi belle,

D'un ensemble aussi séduisant,

D'une vertu si naturelle

Et d'un esprit aussi piquant,

Je deviens à jamais fidèle;

C'est là mon dernier changement.

Mais toi , qui viens de nous apprendre

Que sur les rives du Gardon ,

Toute bergère est aussi tendre

Que sur les rives du Lignon ,

De cette province lointaine

Ne vins-tu pas en mission

Pour prêcher aux bords de la Seine ?

Tes discours, la douce onction,

Convertiront toutes les femmes.

Je vois, je vois déjà nos dames Voler en foule à tes sermons , Et s'enorgueillir dans leurs âmes De mettre à profit tes leçons.

Poursuis donc un si noble ouvrage , Et garde le cœur d'un berger :

Ne va pas devenir volage , En préchant de ne point changer.

Compose bien ton oratoire :

Car plus d'un saint s'est perverti En regardant trop l'auditoire Que son art avait converti.

Le Frère Paul * , Ermite de Paris,

Mr Ciudii».

FUGITIVES. l49

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VERS

DEMANDÉS A l'aHÎ^UR

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