LA NICHÉE D'AMOURS
Tous les ans, aimable hirondelle,
Tu reviens voir mon doux pays j L'été tu fais ton nid j l'hiver à tire-d'aile Tu voles vers les bords de la riche Memphia Attendre la saison d'un nouvel hyme'née. Las I dans mon cœur, tant que dure l'année ,
L'amour niche et fait ses petits.
L'aîné de ces petits, à son aile novice
Ose déjà se confier ;
De sa coquille le dernier Wa point encor rompu le fragile édifice : L'autre de sa prison est sorti presque entier.
l54 POÉSIES
Aux bords du nid , la bruyante famille
Se presse, s'agite, sautille^ Par les plus grands les moindres sontnourris. Leur nourriture k peine est achevée , Qu'aussitôt chacun d'eux d'amours aussi jolis Fait à son tour une couve'e.
Leur nombre augmente tous les jours.
Que faire? Bien grande est ma peine ; Car l'entreprise serait vaine De vouloirdemoncœnr arracher tantd'amours.
Traduction de Florian.
Quand le printemps se renouvelle ,
Je te vois, aimable hirondelle,
An nid qu'avec art ta bâtis
Revenir faire tes petits,
Puis vers le NU , près de Memphis ,
Retourner vite quand il gèle.
Dans mon cœur l'amour en tout temps
Etablit son nid, sa demeure ;
FUGITIVES. l55
Ses petits naissent h toute heure , Et l'heure d'après ils sont grands.
L'un n'a point de duvet encore, Déjà son frère est près d'e'clore; Celui-Tci demande à couver , Celui-là sort de la coquille , Ses aîne's viennent l'élever ; Les plus forts ont déjà famille :
Tous ont besoin d'être nourris ; Pour peu que je les fasse attendre , Ce sont des pleurs, ce sont des cris. . î Je ne sais plus auquel entendre.