‹ Œuvres inédites (volume 3)Chapitre 53 sur 89 · LA NICHÉE D'AMOURS · texte numérisé non relu

LA NICHÉE D'AMOURS

Tous les ans, aimable hirondelle,

Tu reviens voir mon doux pays j L'été tu fais ton nid j l'hiver à tire-d'aile Tu voles vers les bords de la riche Memphia Attendre la saison d'un nouvel hyme'née. Las I dans mon cœur, tant que dure l'année ,

L'amour niche et fait ses petits.

L'aîné de ces petits, à son aile novice

Ose déjà se confier ;

De sa coquille le dernier Wa point encor rompu le fragile édifice : L'autre de sa prison est sorti presque entier.

l54 POÉSIES

Aux bords du nid , la bruyante famille

Se presse, s'agite, sautille^ Par les plus grands les moindres sontnourris. Leur nourriture k peine est achevée , Qu'aussitôt chacun d'eux d'amours aussi jolis Fait à son tour une couve'e.

Leur nombre augmente tous les jours.

Que faire? Bien grande est ma peine ; Car l'entreprise serait vaine De vouloirdemoncœnr arracher tantd'amours.

Traduction de Florian.

Quand le printemps se renouvelle ,

Je te vois, aimable hirondelle,

An nid qu'avec art ta bâtis

Revenir faire tes petits,

Puis vers le NU , près de Memphis ,

Retourner vite quand il gèle.

Dans mon cœur l'amour en tout temps

Etablit son nid, sa demeure ;

FUGITIVES. l55

Ses petits naissent h toute heure , Et l'heure d'après ils sont grands.

L'un n'a point de duvet encore, Déjà son frère est près d'e'clore; Celui-Tci demande à couver , Celui-là sort de la coquille , Ses aîne's viennent l'élever ; Les plus forts ont déjà famille :

Tous ont besoin d'être nourris ; Pour peu que je les fasse attendre , Ce sont des pleurs, ce sont des cris. . î Je ne sais plus auquel entendre.

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