TRADUCTION
DE l'oîRe XXXIII d'anacréon.
Note de l'Editeur. Je réimprime cette ode d'abord pour réparer une omission essentielle que j'ai remarquée dans toutes les éditions des œuvres de Florian. Le cinquième vers manque partout , et il est indispensable de le rétablir pour le sens et pour la fidélité , car il existe dans l'original et dans tontes les autres traductions.
En second lieu, il m'a paru intéressant de mettre à la* fois ces diverses traductions sous les yeux du lecteur. Cette comparaison ne peut que tourner h l'avantage de Florian , et
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i'eprouve un plaisir infini k lui procurer ce nouveau triomphe.
Traduction d^ madame Dacier.
Aimable hirondelle , tu reviens toutes les années au printemps , et tu fais ton nid j l'hiver , tu disparais et tu t'en vas à Memphis ou en Ethiopie.
Mais l'amour niche perpétuellement dans mon cœur , et il y a toujours des petits. Les uns ne commencent qu'à avoir des plumes et les autres sont encore dans la coque. Il y en a aussi qui sont à demi éclos , et l'on entend incessamment la petite voix de ceux qui ont percé la coquille avec leur bec. Les plus âgés nourrissent les plus jeunes, qui, devenant grands dans un moment, couvent aussi et ont des pe-
tits. Que ferai-je donc? Car il n'y û pas moyen qu'un seul cœur puisse loger une si grande troupe d'amours.
Traduction de Moutonnet de Clairfonds.
Tu reviens tous lés ans, hirondelle chérie; tu construis ton nid pendant les beaux jours, et l'hiver tu pars subitement pour revoir ou les bords du Nil , ou Memphis. Gupidon fait continuellement son nid au fond de mon cœur. Un amour veut essayer ses ailes , un autre est encore dans la coque , tandis qu'un troisième est seulement à demi éclos. Ces petits amours ne cessent de pousser des cris confus.
Les plus âgés nourrissent les plus jeunes, qui , devenus bientôt grands eux-
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mêmes ,en produisent d'autres à leur tour. Que deviendrai-je? Il m'est impossible de porter daus mon cœur cet essaim nombreux d'amours.
Traduction de M, de Saint-Victor.