SCÈNE V. l'jS
ARLEQUIN
Eh bien ! qui l'en empêche ? est-ce qu'elle n'en peut pas faire ?
GERMON
Oh! que si, Monsieur. Si elle voulait , elle vous damerait le pion ; mais, s'il faut parler franchement , elle fait ordinairement des choses si fort audessus de ces misères-là, que son esprit aurait bien de la peine à se rapetisser jusqu'à des couplets. Elle dira à ce voyageur des choses qui vaudront infiniment mieux ; mais , malgré cela , elle veut lui chanter ce petit couplet, à peu près comme on est bien aise d'ajouter une petite marguerite de pré k un beau bouquet de roses.
ARLEQU I X.
Elle l'aura , Monsieur, elle l'aura.
Dites-moi seulement ce que c'est que ce voyageur.
lyB Ljvs DEUX, etc.
GERMON
Monsieur, on en parle beaucoup dans le monde. Il fait, tout ce qu'il peut pour se cacher : il a changé de nom , il a quitté ses cordons ; mais comme il n'a pu quitter son esprit , on le reconnaît toujours.
ARLEQUIPr.
Oh ! je sais qui c'est , je sais qui c'est. Votre héros et votre voyageur, c'est la même chose , les deux n'en font qu'un ; et je connais aussi votre prince et votre grande dame, ils ne font qu'un non plus. Ah ! laissez-moi faire , je vais vous donner des couplets : on n'a pas besoin d'esprit pour chanter ces personnes-là. Attendez, attendez ; je vais écrire ce que j'ai entendu dire à tout le monde. Vous aurez chacun votre couplet j mais j'ai une grâce à vous demander. Si par hasard , quand vous porterez ces couplets , il se trou