TOME IV
quils destinent à punir les profanes dont r admiration n est pas assez exagérée pour croire à r infaillibilité de Voltaire, Rire de ces ridicules fureurs j ajoute l'auteur de cet article , est le parti qu il faut prendre, etc. Je ne crois point à l'infaillibilité de Voltaire, car je sais que c'était un homme ; mais je crois fermement que l'envie et la haine Tcillent encore sur son tombeau ; je crois encore qu'elles n'y sifflent de temps en temps que parce que le grand homme est mort, et il m'est impossible de rire du pétard que r on forge contre OVympie, Olympiej n est point un be loup rage ^ dit l'auteur de l'article , mais on y trouve de très grandes beautés. D'abord Olympie est jugée depuis long-temps, et tous ceux qui savent le français en Europe^ n'ont point attendu le Mer-
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cure du samedi 27 octobre 1781 , pour se décider sur son mérite. Le rôle d^ Olympia est faible j ajoute le terrible juge de Voltaire , ai/wi que celui de Statira, Le rôle d'Olympie n'est point faible, mais il est écrasé par celui de Statira; et , je ne crains pas d'en appeler à tous ceux qui ont quelque connaissance de la tragédie , le rôle de Statira est sublime, c'est un des plus beaux qui soient au tbéâtre.
« Si j'avais pu, disait M. de Vol- -it taire, faire vivre Statira jusqu'à la )) fin du cinquième acte, O lympie au- » rait été ma plus belle pièce.» Tous ceux qui ont vécu avec M. de Voltaire , attesteront ces paroles *, mais il suffit de lire ce rôle pour être un peu surpris d'entendre décider qu'il est faible. Que de faiblesse dans la scène
deJStatira et du grand-prêtre, où elïe lui dit:
J'ai perdu Darius, Alexandre et ma fille, Dieu seul me reste. ( Mot sublime. )
Dans sa scène a^ec Olympie !
Dans sa scène avec Cassandre !
J'avoue de tout mon cœur que lorsque ce faible rôle est fini, la pièce ne peut s'en passer. Mais , ne dut-on à Olympie que d'avoir inventé le spectacle du bûcher , qui a transporté Paris , même dans des pièces faites après celle-là , il ne faudrait pas la traiter 4 durement , il ne faudrait pas dire que ce dénouement nest, aux yeux des gens de goût j qufuh entassement d^ horribles aventures i il ne faudrait pas surtout , dans une note au sujet de ce vers , dire qu'on le croirait pris de la Pharsale de Brébcuf. L'auteur de l*ar-
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ticle des spectacles , qui compare M. de Voltaire à Brébeuf , rappelle la fable du Lion devenu vieux :
Quand voy antrâne même à son antre accourir, Ah ! c'en est trop , dit-il; je voulaisbien mourir, Mai* c'«stœourir deux fois que souffrir tes atteintes.
Il faut être juste. L'auteur de l'article finit par dire que l'on peut appliquer à M. de Voltaire ces deux vers:
J'avoûrai ses de'fauts, mais, quoi qu'il en puisse être, Iletaltun grand homme, etc'e'taitnotre maître.
Vraisemblablement cet auteur a déjà fait quelque tragédie ; car sans cela, il n'oserait appeler M. de Voltaire son maître.
M. de Voltaire est le maître de M. de La Harpe , de M. Ducis , de M. Marmontel, de M. Le Mierre;mais si les
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auteurs périodiques pouTaient le regarder comme leur maître , il faudrait convenir que ce maître - là donne de terribles leçons à ses disciples dans son JScossaiise.
Le Chev. de Florian.
DE
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NOTE DE L'ÉDITEUR
Ce que je donne ici n'est qu'un très petit extrait des notes qui sont entre mes mains. Elles prouvent que Florian, avant de songer à rien produire, avait beaucoup lu, beaucoup travaillé. Les recherches qu'il a faites pour Numa sont immenses.
J'ai cru devoir publier surtout ce qu'il appelait ses Projets. Ils peuvent être utiles aux historiens , aux poètes , aux auteurs dramatiques , et aux romanciers. Sur vingt-trois sujets de pièces que Florian indique, les deux tiers au moins ont été exploités avec succès et dans des