‹ Œuvres inédites (volume 3)Chapitre 80 sur 89 · AU SUJET DU BAISER · texte numérisé non relu

AU SUJET DU BAISER

Je n'ai pas de titre , Madame , pour vous fatiguer d'une importunité ; car s'il suffisait pour cela de mon admiration pour vous , vous passeriez votre vie à être importunée. Je prends donc la liberté de vous demander une grâce, comme on en demande beaucoup , sans aucun droit de l'obtenir.

Quelques personnes m'ont engagé à retravailler un petit ouvrage tombé sur votre tbéâtre il y a dix ans, mais

dont le titre ne peut pas tomber : c'est le Baiser. Je l'ai refait en un acte. Je n'ai laissé dans cette pièce que trois rôles , une mère et deux enfans. M^^^ Car- Hne et M^^ St.-Aubin m'ont promis de jouer ces deux enfans ; voilà qui est bien , toutes deux seront charmantes- Mais si la mère était jouée par celle dont le talent , si varié , si flexible, rend avec un égal succès les paysannes , les princesses , les amantes, les épouses , les coquettes , les Agnès , et sait toujours paraître différente , quoiqu'elle nous offre toujours la même chose , la perfection ; si ce talent , qui n'a jamais honoré de son jeu aucun de mes ouvrages, voulait faire cet honneur au Baiser ^ le succès ne serait plus douteux. Si je suis refusé, je ne sais plus ce qui arrivera:

A MADAME DUGAZO-N. 207

Car de l'amour la douce ivresse Fait tout le sujet de ma pièce.

Il s'agit de passer un jour Sans s'embrasser, chose pénible Quand on est jeune, vif, sensible.

Et surtout payé de retour.

Or, comment espérer de plaire, Si, lorsqu'on parle de l'amour , Le public ne voit point sa mère ?

Je n'en dirai pas davantage. M™^ Gontier a la pièce ; M™^ Dugazon pourrait la lire , l'auteur et le musicien seraient à ses ordres. Si elle dédaigne Touvrage , si elle refuse le rôle, je n'en serai pas moins son admirateur, je n'en aurai pas moins le plaisir de lui offrir le petit volume cijoint comme un faible témoignage de cette admiration et de ma reconnaissance.

Le Ghev. de Florian.

A MONSIEUR PANKOUCKE,

AU SUJET d'oLYMPIE.

Je viens de lire ayec une extrême surprise le compte qu'a rendu de la tragédie à^Ol^ympie , votre Mercure du 27 octobre. Ce n'est sûrement pas vous, Monsieur, qui avez fait cet article j votre respect pour M. de Voltaire est trop connu. Vous n'auriez pas écrit qu'^Z existe des arsenaux où les ans /binent des pétards qu'ils Lan^ cent sur le tombeau du grand homme j et où les autres préparent des foudres

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