‹ Œuvres inéditesChapitre 31 sur 47 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

l38 LETTRE

moins entrepris de faire connaître à l'Italie , dans sa propre langue , un ouvrage auquel elle ne peut en comparer aucun.

J'espère, Monsieur, que vous ne serez pas fâché que j'aie osé traduire ce poème, et que vous daignerez agréer l'exemplaire que je vous adresse. Peutêtre n'ai -je rendu que faiblement quelques-unes de vos idées ; mais la marche simple et majestueuse du poème, la pureté de la morale, les beautés poétiques restent dans la traduction comme dans l'original, et vous assurent en Italie, une renommée que vous avez déjà si justement acquise en France.

Continuez, Monsieur, vos travaux littéraires; enrichissez votre patrie de nouvelles productions aussi intéressantes , et soyez assuré que vous trou-

DU TRADUCTEUR DE NUMA. I 3g

verez toujours dans les hommes de lettres de tous les pays, des admirateurs de -votre inimitable génie.

Je vous prie d'être persuadé des sentimens de respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être .

Mon

sieur,

Votre très humble et dévoué serviteur et traducteur.

Le Comte Félix Saint-Martin, membre de l'Académie des Sciences , et secrétaire ^perpétuel de l'Académie royale de Turin.

Turin, ce 12 avril I--88.

VW*\ V*A V\\ V\* VWW V\VW\ W\ VWWWWV WVM \.\ V >-v\ v\\w»<

Lorsque Numa Pompilils parut , quelques détracteurs de Florian cherchèrent à insinuer que l'idée et même le plan de cet ouvrage ne lui appartenaient point , et qu'il les avait empruntés à un auteur étranger , M. KhéraskofT(*).

La littérature russe était alors trop peu connue en France pour qu'il

(*) Mikhaïl Khéraskoff , l'un des curateurs de l'université de Moscou, est auteur de plu • •ieurs poèmes: la Rossiàde, dont le héros e&l le czar Ivan-Vassilievitsch, et le sujet la

fût facile d'apprécier le mérite de cette accusation. Il paraît néanmoins que Florian en fut blessé , et qu'il voulut savoir sur quoi elle se fondait. Il s'adressa donc à un littérateur allemand , qui lui fît passer l'espèce d'analyse que l'on va lire ; elle justifie complètement l'auteur français.

La lettre d'envoi finit en ces termes :

« Tel est, Monsieur, l'aperçu » général de l'ouvrage de M. Khé- » raskoff. Il pourra vous suffire, à » ce que je crois , pour le com-

c onquctc de Kazan; Vladimir, qui jouit d'une grande estime parmi les Russes; et le Combat de Tchesmé , qui a été traduit en français.

» parer avec le vôtre. C'est un » Russe qui s'est attaché à dévelop- » per les principes d'un sage gou- » vernement , et qui, dans la con- )> duite de Numa, a voulu faire » connaître celle de Catherine II. »

L'ouvrage de M. Khéraskoff est froid , il manque d'invention et d'inteïêt , ce n'est qu'une série de chapitres, dans lesquels Fauteur a délayé ce qu'on lit dans Plutarque, mais dont l'ordre pourrait être interverti sans que le lecteur en éprouvât la moindre contrariété. Il parut un an avant celui de Florian. Selon toute apparence, ce fut ce rapprochement de dates qui fournit à la malveillance un prétexte pour tenter d'obscurcir la

gloire de Florian ; mais les deux ouvrages n'offrent d'autre ressemblance que les points historiques.

En outre, jeme suis convaincu, par l'examen des notes nombreuses qui sont entre mes mains, que plusieurs annéesavantla publication deNuM a Pompilius, Florian en avait conçu le plan , qu'il s'en occupait beaucoup, et qu'enfin presque toutes ses lectures étaient dirigées vers ce but. Le lecteur en acquerra la preuve en lisant le choix de ces notes que je publie à la fin du quatrième volume, sous le titre de Tablettes de Florian

vvvvv^^ArtAv^vvvvvvvvvvviAA^vv^^^^AAA,vv^^^vvvwvv^^^vvvv•

Page 1