tome m. i
j62 note dë l'éditeur.
s'est permis Florian est hardi, puisque Numa Pompilius monta sur le trône Tan 714 avant J. C. et que l'existence de Zoroastre remonte aux temps fabuleux. Les chronologistes ne sont point d'accord à son égard ; on ignore le lieu qui Ta vu naître; quelques-uns même doutent qu'il ait existé.
Quoi qu'il en soit , la doctrine que l'on attribue à ce chef des mages est sublime ; elle est empreinte de la plus haute sagesse , de la morale la plus pure. Sous ce rapport il était convenable de l'inspirer au législateur de Rome. Les nombreux sectateurs de Zoroastre qui subsistent encore dans la Perse et dans l'Inde , ont pour cet ancien philo-
NOTE DE L'ÉDITEUR. l63
sophe une vénération profonde :
ils le regardent comme le véritable envoyé de Dieu.
Quelques lecteurs me sauront gré peut-être de retracer ici ses dogmes les plus remarquables.
Dans un temps où l'on fait gloire de l'athéisme , où l'irréligion passe pour un mérite aux yeux de certains hommes , il n'est pas inutile de rappeler que l'existence d'un Etre Suprême était la base immuable de la doctrine du premier philosophe de l'antiquité.
Ce qu'il y a de plus ancien , c'est Dieu , car il est incréé ; de plus beau, le Monde, parce qu'il est l'ou-
l64 NOTE DE L'ÉDITEUR.
vrage de Dieu ; de plus grand , FEspace, car il contient tout ce qui a été créé; de plus prompt , FEsprit; de plus fort, la Nécessité; de plus sage , le Temps , car il apprend à le devenir ; de plus constant , F Espérance , qui reste seule à l'homme quand il a tout perdu ; de meilleur, la Vertu , sans laquelle il n'y a rien de bon.
■ Le décret du très juste Dieu est
que les hommes soient jugés par le bien et le mal qu'ils auront fait.
Leurs actions seront pesées dans la balance de l'équité. Les bons habiteront la lumière.
.NOTE DE L'ÉDITEUR. l65
Respecte ton père et ta mère , si tu veux vivre à jamais.
Tel tu seras envers ton père , tels seront tes enfans envers toi.
Honore les vieillards 5 que le plus jeune cède toujours au plus âgé.
Ne médis jamais des morts.
Marie-toi dans ta jeunesse. Ce monde est un passage -, il faut que ton fils te suive, et que la chaîne
l66 NOTE DE L'ÉDITEUR.
des êtres ne soit point interrompue.
Quand tu manges, donne aussi à manger aux chiens.
Il est défendu de quitter son poste sans la volonté de celui qui commande. Le poste de l'homme , c'est la vie.
La tempérance est la force de l'âme. L'homme est mort dans l'ivresse du vin.
L'homme n'est en sûreté que
NOTE DE l'ÉDITEIR. 167
sous le bouclier de la sagesse.
L'homme en société n'est heureux ni sous le joug de la tyrannie , ni dans l'abandon d'une trop grande liberté. Le plus sage parti est d'obéir à des rois sujets euxmêmes aux lois. L'excessive liberté et la grande servitude sont également dangereuses , et produisent à peu près les mêmes effets.
Ne vous haïssez point parce que vous pensez différemment les uns des autres 5 aimez-vous plutôt , car il est impossible que dans cette va-
î6S NOTE DE L'ÉDITEUR.
rie té de sentimens , il n'y ait pas quelque point fixe où tous les hommes se doivent réunir.
Pour bien vivre , il faut s'abstenir des choses que l'on trouve répréhensibles dans les autres.
Il ne faut répondre de personne:
nous pouvons à peine répondre de nous-même. .
Pour ne point se trahir , il faut apprendre l'art de se taire. Qui ne sait pas se taire , ne sait pas parler.
Il ne faut rien dire à personne dont il puisse se servir pour nous nuire.
Vis avec tes amis comme s'ils devaient être un jour tes ennemis.
Avant de sortir de ta maison , sache ce que tu vas faire , et à ton retour examine ce que tu as fait.
Dans le doute si l'action que tu médites est bonne ou mauvaise -, abstiens-toi de la faire.