‹ Œuvres inéditesChapitre 2 sur 81 · Mme de Sablé, 1" édit., p · texte numérisé non relu

Mme de Sablé, 1" édit., p

« La préface des mémoires imprimés et les citations de Tacite sont d'Amelot de la Houssaye.

« Le premier morceau, mémoires de la Régence*, est bien de M. de la Rochefoucauld, et en tête du volume R^, mais depuis l'auteur l'a bien changé.

«c Le second morceau, la Guerre de Paris , qui lui a le plus nui, est de Vineuil. On en trouve la preuve : l" dans le manuscrit même qui forme un cahier séparé.

« 2° Nulle trace n'en existe dans les manuscrits du duc ;

« 3° Le style est tout différent, beaucoup plus travaillé , cherchant à imiter celui de Tacite;

,. 40 Yineuil raconte en procédant par maximes générales , passant ensuite aux détails et réflexions : M. de la Rochefoucauld entre rondement en matière , raconte vite et ne commente jamais ce qu'il dit. Yineuil, de plus, a de fréquentes tournures de bel esprit.

« 5" M. de la Rochefoucauld et Vineuil peignent les mêmes personnes différemment, comme, par exemple, le cardinal de Retz, monsieur le Prince, madame de Longueville : ces portraits sont très-satiriques dans les mémoires de Vineuil ; voyez les mêmes dans la partie inédite ^ Vineuil ne dit rien de ce qui concerne M. de la Rochefoucauld.

1 . C'est le morceau qui est toujours joint aux grands Mémoires, dont il est, pour une partie du moins, le résumé.

2. C'est le volume où se trouve le manuscrit des Maximes que je publie aujourd'hui.

3. C'est-à-dire la partie comprise entre les pages 1 à 112, publiée pour la première fois par l'éditeur Renouard. — Le cahier des Mémoires de Vineuil se termine par cette page demeurée inédite :

a II (Mazarin) attendit que la cour fût de retour à Compiègne où il reçeutplus de démonstrations d'amitié et de confiance que lorsqu'il en partit, soit pour le faire relascher sur le mariage qui estoit le point fatal de leur division, ou plus tôt afin qu'il se portât avec son ardeur accoustumée pour le retour du roy à Paris, qui estoit regardé de toute la province comme le siège de l'empire. En effet, lorsque Sa Majesté fit son entrée avec la reyne et toute la maison royale en un mesme carrosse, le cardinal estoit à une portière avec M. le Prince qui le rasseuroit par sa présence de la crainte qu'il pouvoit justement concevoir d'estre parmi une foule incroyable de peuples qui avoient tant d'horreur pour sa personne. Mais la

« La retraite du duc de Longueville en Normandie est de Saint-Évremont.

« Ce qui suit dans l'imprimé jusqu'au supplément de la relation des guerres de Guyenne est de M. de la Rochefoucauld.

a Le surplus est de diverses mains : l'apologie de Beaufort est de Girard, auteur de la vie du duc d'Épernon. »

La présence de ce manuscrit des Mémoires dsins les archives de la famille met suffisamment à néant, ce me semble, désormais, l'étrange doute formulé dans son édition des Mémoires du cardinal de Retz, par M. A. Ghampollion-Figeac. Cet honorable érudit, dans une note, parle *< des mémoires publiés sous le nom de M. de la Rochefoucauld, non autographes et ne méritant pas confiance. » Aujourd'hui l'hésitation n'est même plus permise.

joye seule de revoir le Roy occupoit tous les esprits qui en bannissoit tous les malheurs et les inimitiés passées. Leurs Majestés, arrivées au Palais Royal, receurent la soumission du duc de Beaufort et du coadjuteur, et M. le Prince acheva une si belle journée en disant à la Reyne qu'il s'estimoit très-heureux d'avoir accomply la parole qu'il luy avoit . donnée de ramener M. le cardinal à Paris , à quoi Sa Majesté respondit : a Monsieur, tout au long, ce service que vous avez rendu à Testât est si «grand que le Roy et moi serions des ingrats s'il nous arrivoit de l'oua blier jamais. » Un serviteur de M. le Prince, qui avoit ouy ce discours, dit qu'il trembloit pour luy de la grandeur de ce service , et qu'il craignoit que ce compliment ne passât un jour pour un repentir. M. le Prince repartit : « Je n'en doubte point, mais j'ay fait ce que j'avois promis. »

Dans le reste du manuscrit il n'y a que de rares variantes.

Au commencement (p. 409, édit. Michaud et Poujoulat) , Il est quasy impossible, au lieu de : Il est presque, etc.

(P. 412). Il fut conduit en sûreté hors la ville avec le président de Blancmenil pour être transféré à .... , au lieu de : à Sedan.

(P. 425). En effet Vautorte, envoyé par la cour vers le ministre d'Espagne, pour insinuer quelques propositions de paix, n'avoit pas été favorablement écouté, et ils penchoient du côté du parlement pour relever ce parti qui alloit à son déclin; et bien que les offres de l'archiduc, etc. , au lieu de : Il penchoit, et de si bien que.

(P. 425). Le Prince avoit beaucoup perdu pour le cardinal, au lieu de : le Prince avoit beaucoup perdu du respect qu'il avoit pour le cardinal.

C'est M. Renouard libraire et en même temps savant chercheur, qui pubHa, en 1804, le manuscrit de la bibliothèque de M. de Ghavigny, lequel porte d'assez nombreuses corrections anciennes, mais nullement de la main du duc. En 1817, il découvrit la portion qui constitue la première partie du volume de la Roche-Guy on et la publia : M. Petitot s'empressa de la donner en y ajoutant ces réflexions : « Gette première partie est remplacée dans toutes les éditions précédentes par une narration qui se termine à peu près à la même époque, mais ne commence qu'au moment de la mort de Richelieu. Il est évident que cette narration a été composée par la Rochefoucauld : elle est en général plus développée que la première partie du manuscrit de Ghavigny ; mais si elle contient plus de développements sur les événements publics, elle en renferme bien moins tant sur les intrigues secrètes de la cour que sur ce qui intéresse journellement l'auteur. Entre ces deux manières , tout porte à croire que la Rochefoucauld donnait la préférence à celle qui se trouve dans le manuscrit Ghavigny*. » MM. Michaud et Poujoulat adoptèrent également cette copie, et l'accompagnèrent de ce commentaire sur le jugement de M. Petitot : a Pour soutenir cette opinion, il faudrait supposer, ou que la Rochefoucauld, après son désaveu, afin de ne pas se donner à lui-même un démenti, a recommencé son travail sur une forme différente, et que la première partie seule a été retrouvée ; ou que le désaveu est sincère , et qu'en effet le premier éditeur a falsifié et changé touse la relation. Ges deux suppositions nous semblent inadmissibles. Les Mémoires de la Rochefoucauld se composent de deux parties, en comprenant la guerre de Guyenne dans la seconde; la première finit en 1649, et la deuxième aux troubles de l'hôtel de ville, en .1652. Gomme le désaveuiait men-

1. Dans l'édition des œuvres du duc de la Rochefoucauld, publiée en 1825 , M. le marquis Gaétan de la Rochefoucauld n'a pas cru devoir insérer les mémoires retrouvés par M. Renouard : il n'a donné que le court fragment sur la Régence.

tion de ces trouLles, il est certain que les deux parties étaient terminées quand parut l'édition. Puisque cette édition est en général conforme à tous les manuscrits , même à celui de Bouthillier, nous en concluons que c'est la version définitivement adoptée par l'auteur : nous pensons qu'il a abandonné l'autre manière après la rédaction de la première partie, qu'il a refait cette première partie d'après le plan suivi pour la seconde. Nous ne croyons pas que la Rochefoucauld ait recommencé son travail postérieurement au désaveu, parce qu'il n'est pas présumable qu'un écrivain qui possédait autant de goût et de jugement, ait sacrifié le principal à l'accessoire , ou substitué aux développements de faits, certaines anecdotes, certains détails sur sa jeunesse. Quelque attrait que nous trouvions maintenant à ces particularités, il est bien plus probable qu'il les a élaguées pour faire ressortir les événements plus dignes de la gravité de l'histoire. »

Le manuscrit de la Roche-Guyon me paraît devoir, à Tavenir, trancher toutes les difficultés , et c'est sur lui seulement que les éditions devront être désormais appuyées. Il renferme encore assez de passages de nature à permettre aux ennemis de M. de la Rochefoucauld de lui reprocher avec raison certains faits peu dignes de lui; mais du moins il ne contient point ces pages amères qui ne seront plus éditées, j'espère, qu'avec le nom de leur véritable auteur, M. de Vineuil, secrétaire du duc de la Rochefoucauld , « une sorte de bel esprit maniéré , tranchant du gentilhomme , » et qui peut-être fut celui qui transmit en Hollande les copies d'après lesquelles parut la fameuse édition d'Amsterdam.

Quant an volume G qui manque à la Roche-Guyon, je crois qu'on doit le reconnaître dans le recueil de poésies ainsi mentionné par M. Cousin, dans son histoire de Mme de Sablé ' : « Une personne digne de confiance, M. Gharavay, nous assure avoir vu des poésies de l'auteur des Maximes j écrites

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