‹ Œuvres inéditesChapitre 20 sur 81 · Mémoires de Lenet. — 2. Ibidem · texte numérisé non relu

Mémoires de Lenet. — 2. Ibidem

3. Gourville est complètement muet sur ces événements dans ses Mémoires : il y fut cependant intimement mêlé, ayant déjà été envoyé, au mois de juillet, à Stenay, et y étant renvoyé secrètement, le 29 septembre, pour rendre compte de tout ce qui se passait à la duchesse de Longueville et l'engager » à ébaucher quelque chose avec le comte de Fuensaldagne. » Lenet est formel à ce propos.

blesse qu'elle y avait amenée , et accompagnée d'une immense et enthousiaste population qui avait vivement apprécié son courage et son énergie; elle se rendit à Bourg 011 le duc de la Rochefoucauld eût beaucoup de peine à la résoudre à voir Mazarin sans s'emporter violemment contre lui. Le cardinal reçut très-gracieusement les deux ducs, et c'est alors que M. de ia Rochefoucauld lui fit une réponse demeurée célèbre. Il était déjà assez tard dans la matinée : Mazarin, interrompant sa conversation, fit observer qu'il était temps de se rendre à la messe aux Récollets ; il monta en carrosse avec les deux ducs et Lenet, à qui j'emprunte ce récit : « Il se prit d'abord à sourire. — Qui auroit cru, il y quinze jours, voire hier, que nous eussions été tous quatre aujourd'hui dans un même carrosse. — Tout arrive en France, lui repartit le duc de la Rochefoucauld. — Gomme je n'ai jamais désespéré de recouvrer quelque jour l'amitié de Votre Éminence, dit le duc de Bouillon, tout ceci, et tout ce dont j'espère qu'il sera suivi, ne me surprend, ni ne me surprendra. — Ce m'est un grand honneur, monsieur, dit Lenet, d'être dans ce carrosse en une telle compagnie; mais je ne serai jamais content que je n'y voye M. le Prince. — Tout cela viendra en son temps, me répondit-il. — Je vois ce que c'est, lui repartis-je ; vous voulez que M. le duc d'Orléans et lui y soient ensemble. — Il se mit à rire, et nous arrivâmes à l'église. »

La réconciliation fut complète. Le duc de la Rochefoucauld , en venant saluer le roi à Bourg, mit un genou en terre pour lui demander pardon : il se rendit ensuite chez la reine , puis chez Mazarin qui le garda à dîner avec le duc de Bouillon, et accueillit très-obligeamment les ouvertures au sujet de la liberté des princes. La Rochefoucauld voyant le terrain mieux préparé qu'il ne l'espérait, donna libre carrière à ses sentiments , et pressa vigoureusement le cardinal, qui répondait faiblement, atermoyant beau-

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m NOTICE HISTORIQUE

coup, « faisant espérer, selon son ordinaire, ce qui étoit bien loin de sa pensée ^ » Le duc, croyant avoir obtenu plus qu'il n'avait réellement fait% et dans tous les cas, avoir agi aussi activement que possible, se décida à partir pour son gouvernement où il ne devait pas exercer ses fonctions, mais aller s'installer à Verteuil. 11 prit congé, le 6, de Mme la Princesse, après avoir tenu un dernier conseil avec elle, le duc de Bouillon et Lenet, pour résoudre la ligne de conduite qu'on suivrait désormais, et la manière dont on communiquerait ensemble. li emmena avec lui tous les gentilshommes qui l'avaient accompagné, a II laissa un grand regret à Son Altesse, à M. le duc et à toute la cour de cette séparation, s'étant acquis l'amitié et l'estime de tout le monde par son courage, son esprit, l'agrément de sa conversation et la netteté de ses procédés pendant tout le temps que l'affaire avoit duré , et encore par la protestation qu'il fit à la princesse de recommencer toutes les fois qu'il lui plairoit commandera » La princesse le remercia , à ce qu'il paraît, avec effusion et lui remit une reconnaissance autographe de ce qu'elle lui devait pour ses frais et avances*. Installé au milieu des ruines de Verteuil, M. de la Rochefoucauld continua à se tenir au courant de tout ce qui se passait, et, pressé par

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