‹ Œuvres inéditesChapitre 30 sur 81 · ARTICLE IMPRIMÉ · texte numérisé non relu

ARTICLE IMPRIMÉ

Réflexions ou sentences et maximes morales^ à Paris, chez G. Barbin, au Palais.

Une personne de grande qualité et de grand mérite passe pour être auteur de ces Maximes ; mais quelque lumière et quelque discernement qu'il ait fait paroître dans son ouvrage , il n'a pas empêché que l'on en ait fait des jugements bien différents.

du Journal des Savants de l'année 1665*. Un immense succès répondit à l'apparition de ce livre auquel le public, il faut l'avouer, avait été très-habilement préparé ; M de la Rochefoucauld mit le comble à sa gloire littéraire et créa un genre nouveau; je me trompe, il ne le créa pas précisé-

au jour, qu'ayant si bien montré qu'on ne fait jamais les bonnes actions que par de mauvais principes, et on ne se mettra plus en peine de chercher la vertu , puisqu'il est impossible de l'avoir, si ce n'est en idée; que c'est enfin renverser la morale, de faire voir que toutes les vertus qu'elle nous enseigne ne sont que des chimères puisqu'elles n'ont que de mauvaises fins.

Les autres, au contraire, trouvent ce traité fort utile , parce qu'il découvre aux hommes les fausses idées qu'ils ont d'eux-mêmes, et leur fait voir que sans religion ils sont incapables de faire aucun bien ; qu'il est bon de se connoître tel qu'on est, quand même il n'y auroit que cet avantage de n'être pas trompé dans la connoissance qu'on peut avoir de soi-même.

Quoi qu'il en soit, il y a tant d'esprit dans cet ouvrage, et une si grande pénétration pour connoître le véritable état de l'homme , à ne regarder que la nature, que toutes les personnes de bon sens y trouveront une infinité de choses qu'ils auroient peut-être ignorées toute leur vie, si cet auteur ne les avoit tirées du chaos du cœur de l'homme pour les mettre dans un jour où quasi tout le mondepeut les voir et comprendre sans peine. »

L'on peut dire néanmoins que ce traité est fort utile, parce qu'il découvre aux hommes les fausses idées qu'ils ont d'eux-mêmes , qu'il leur fait voir que sans le christianisme, ils sont incapables de faire aucun bien qui ne soit mêlé d'imperfection, et que rien n'est plus avantageux que de se connoître qu'on est en effet, afin de n'être pas trompé par la fausse connoissance que l'on a toujours de soi-même.

Il y a tant d'esprit dans cet ouvrage , et une si grande pénétration pour démêler la vérité des sentiments du cœur de l'homme, que toutes les personnes judicieuses y trouveront une infinité de choses fort utiles qu'elles auroient peutêtre ignorées toute leur vie , si l'auteur des Maximes ne les avoit tirées du chaos pour les mettre dans un jour où quasi tout le monde les peut voir et les peut comprendre sans peine. »

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