‹ Œuvres inéditesChapitre 62 sur 81 · CCLIV · texte numérisé non relu

CCLIV

On peut toujours ce qu'on veut, pourvu qu'on le veuille bien.

Nous ne nous apercevons que des emportements et des mouvements extraordinaires de nos humeurs, comme de la violence, de la colère^ etc.^ mais personne quasi ne s'aperçoit que ces humeurs ont un cours ordinaire et réglé qui meut et tourne doucement et imperceptiblement notre volonté à des actions différentes; elles roulent ensemble, s'il faut

ainsi dire, et exercent successivement leur empire, de sorte qu'elles ont une part considérable à toutes nos actions dont nous croyons estre les seuls auteurs .

CGLVI

Chacun pense estre plus fin que les autres. On peutêtreplus fin qu'un autre, mais non pas plus fin que tous les autres.

CGLVII *

L'homme est si misérable que, tournant toute sa conduite à satisfaire ses passions, il gémit incessamment sur leur tyrannie ; il ne peut supporter ni leur violence, ni celle qu'il faut qu'il se fasse pour s'affranchir de leur joug; il trouve du dégoût nonseulement dans leurs remèdes, et ne peut s'accommoder ni du chagrin de sa maladie, ni du travail de saguérison.

(Inédite.)

Les biens et les maux qui nous arrivent ne nous touchent pas selon leur grandeur, mais selon notre sensibilité.

ceux

Rien ne nous prouve davantage combien la mort est redoutable que la peine que les philosophes se donnent pour persuader qu'on la doit mépriser.

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