‹ Œuvres inédites; (volume 2)Chapitre 27 sur 41 · V. — DE LA DÉCOMPOSITION DE LA PENSEE · texte numérisé non relu

V. — DE LA DÉCOMPOSITION DE LA PENSEE

Manuscrit de ih'ô pages, grand formai ; copie annotée par l'auteur. C'est Vcxcmplaire envoyé d Clnsdluf, {Inventaire Cousin^ n" 2.)

La classe des sciences morales et politi(iues de l'iasUtut

CATALOGUE IIAISONP^É

posa, TtUi XI, la question suivante : « Comment doit-on dé- « composer la faculté dépenser, et quelles sont les facultés c( élémentaires qu'il faut y reconnaître ? n

Le terme prescrit étant arrivé, aucun des travaux envoyés ne fut jugé satisfaisant, et la question fut remise au concours le 2 germinal an xii (23 mars 1804). Rien n'indique que M. de Biran soit entré en lice cette première fois et qu'il ait adressé à Tlnstitut un écrit antérieur au mémoire qui fut couronné le 17 ventôse anxiii (8 mars 1805). La question avait été posée parla classe des sciences morales et politiques, mais cette section de l'Institut ayant été abolie par un décret du premier consul du 3 pluviôse an XI (23 janvier 1803), le prix fut décerné par la classe dliistoire et de littérature ancienne.

La copie envoyée à l'Institut porte, en marge, quelques notes au crayon, de M. Ampère. Sur le premier feuillet, M. de Biran a écrit, à une époque très-postérieure à celle de la rédaction, le verset 11 du second chapitre de VEcclésiaste : « Cùm me convertissem ad universa opéra, qux fecerant manus meœ, et ad labores, inquibus frustra sudaveram, vidi in oîmiibiis vanitatem et afjlictionem animi. »

Je possède, indépendamment de cette copie, la minute en bon état, mais présentant une lacune , et, de plus, des ébauches et des notes formant, avec la rédaction, une masse de plus de 1800 pages.

L'auteur couronné retira son manùscrit et se disposa à mettre son travail au jour, après l'avoir retouché. L'impression qui se faisait à Paris, sous la surveillance de M. Ampère, fut arrêtée, en ^807, par une circonstance qui demeure inconnue et que M. de Biran désigne comme « un événement (( extraordinaire sur lequel il doit garder le silence. » M. Cousin a retrouvé chez M. Ampère et publié (tome II de sou édition, pages 1 à 208) les feuilles tirées, qui ne correspondent qu'à un tiers environ du mémoire original. Les épreuves qui subsistent en partie, vont plus loin que les feuilles tirées, et la rédaction préparée en vue de Timpres-

DES OEUVr.ES DE M. DE BIRAN.

sion qui se trouve dari5 les manuscrits, va plus loin que liîs épreuves. Le travail original, seul complet, est divisé en deux parties qui répondent aux deux membres de la question proposée. Il a pour épigraphe ces mots du poète Lucrèce :

His rébus sua cuique voluntas

Principium dat

Ne plagis omnia fiant

Esternà quasi vi (i).

La première partie intitulée : Comment on doit analyser les facultés Jnimaines. — Différentes méthodes de décomposition^ est une sorte d'introduction. L auteur y précise le sens qu'il donne aux termes faculté, force, cause ; examine et critique la signiiication attribuée à ces mots par les physiciens et les physiologistes. Il jette ensuite un coupci' ceil sur la manière dont le problème proposé peut être conçu, en se plaçant au point de vue des principaux métaphysiciens modernes, et finit en exposant la méthode à laquelle il s'est arrêté pour son travail.

La deuxième partie portant pour titre : Quelles sont les facultés élémentaires qu'on doit reconnaître dans la pensée? est di\'isée en trois sections,

La première section établit deux facultés élémentaires, de la combinaison desquelles résultent tous les phénomènes psychologiques: Vaffectihilité et la motilité volontaire.

La deuxième section renferme l'analyse des opérations de chacun des sens et des idées qui s'y rattachent, analyse cliéctuée en se fondant sur le rapport des faits avec les facultés élémentaires dont ils sont le produit.

Dans la troisième section, l'auteur considère les facultés dans leur exercice général, tel qu'il résulte de l'association des sens entre eux et de l'institution des signes artificiels. Les sections llet Illsontrcsumécs dans deux tableaux synoptiques.

(1) De nalurd ra um. Livre II, vers 2G1 et 2G2, 288 et 289.

CATALOGUE RAISONNÉ

Ce mémoire^ que Tante iir n'avait pas eu le temps de retoucher, présente, comme il le dit lui-même, le caractère d'un cahier d'études, phitôt que celui d'une composition achevée. La lecture en est fort laborieuse; mais il y a un intérêt réel à saisir, pour ainsi dire à nu, le travail de la pensée de l'écrivain, au moment où cette pensée subissait la crise importante et décisive qui fixait son avenir. Dans cet ouvrage, en effet, M. de Biran rompt ouvertement avec l'école de Condillac. Tout en reconnaissant la réalité des faits d'un ordre purement seiisitif, il établit, avec une grande profondeur d'analyse, les fonctions de la volonté, et place dans le fait de la libre activité du moi le fondement de toutes les notions suprasensibles.

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