‹ Œuvres inédites;Chapitre 17 sur 33 · CONCLUSION DE LA TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE LA TROISIÈME SECTION

Par le développement des facultés comprises dans le système sensitif, et de toutes les opérations qui en dépendent, dont nous avons fait l'analyse dans la seconde section, l'individu modifié par les impressions des objets, apprend à connaître ce qu'il est comme être sentant, par rapport aux impressions qui le mo-

son. En d'autres termes , l'âme n'est pas active , en tant qu'elle préfère ce qui est le plus agréable à la sensibilité, mais en tant qu'elle élève une idée, un souvenir à ce degré où il plaît plus à la conscience, ou au sens interne, que l'impression ne plaît aux sens externes.

m Un être sentant ne peut être déterminé à agir qu'en vertu « d'une perception ou d'une sensation agréable ou désagréable « dont il est affecté. » (Je l'accorde pour l'être sentant.) « L'action « de cet être est un effet qui doit avoir son principe, ou sa raison, « dans quelque chose qui a précédé immédiatement. Cette chose « qui a précédé l'action , cette chose qui a en soi le principe ou la « raison de l'action est une perception ou une sensation. » (Essai analytique, chap. xi.) Tout dépend de là. Si le vouloir n'est pas un acte primitif, s'il y a quelque chose avant lui , il n'y a point d'activité ni de liberté proprement dite.

difient, indépendamment de tout rapport de ces impressions aux objets qui les causent.

Dans l'exercice de la faculté d'attention, l'être actif qui compare apprend à connaître ce que les objets perçus sont entre eux et par rapport à lui; mais les divers rapports de ressemblance dont il acquiert les idées sont inhérents aux modifications ou qualités comparées, et changent ou varient avec elles. Ce sont de tels rapports que nous avons considérés dans cette section. Dans celle qui va suivre, nous montrons la faculté de réflexion et celles qui en dérivent, appliquées à connaître ou à étudier ce que nous sommes en nous-mêmes, indépendamment des autres êtres, et ce que ces êtres sont en eux-mêmes, indépendamment de nous.

Le premier système, comme nous l'avons indiqué déjà (1), représente l'état d'enfance, voisin de celui d'animalité, où l'homme est conduit par les sensations. Le second représente la jeunesse, l'âge de l'imagination, des beaux-arts, des sciences naturelles et synoptiques. Le troisième représente l'âge mûr, qui est celui de la philosophie et de la réflexion.

Par les facultés d'attention et de comparaison, nous ne pouvons obtenir que des idées de relation, dépendant de la nature des modifications et des impressions comparées. Par les facultés de réflexion et de raisonnement nous concevons des notions et des rapports intellectuels indépendants des modes de la sensibilité, rapports qui resteraient les mêmes quand

(1) A Ja fin de la section deuxième,

même les modes ou l'organisation dont ils dépendent seraient entièrement changés. Les psychologues se sont attachés à l'analyse spéciale des phénomènes compris dans les premiers systèmes, et ils sont parvenus à une multitude de résultats intéressants sur les lois de ces phénomènes, sur les principes des sciences naturelles et les méthodes qui leur sont propres. Mais l'erreur a été de croire que toute la philosophie se bornait là, ou ne pouvait s'étendre plus loin que nos sensations et leurs résultats comparés. Nous chercherons à montrer le contraire. Nous avons déjà indiqué les notions et les rapports intellectuels indépendants des modes de la sensibilité. Il s'agit de les caractériser maintenant d'une manière plus expresse, en analysant les facultés dont ils dépendent.

Les opérations intellectuelles dont nous avons parlé précédemment supposent bien l'emploi des signes institués , mais en les recevant tout formés, comme des perceptions liées à d'autres perceptions ou idées : aucune d'elles ne serait propre à les instituer. Il s'agit donc de montrer d'abord comment la réflexion seule a pu, et peut encore instituer les signes qui sont les instruments nécessaires de toute connaissance réelle.

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