SA VIE ET SES ŒUVRES XIU
préparait ses « Muses ralliées » dont la faveur publique devait lui enlever en moins de dix années cinq ou six éditions.
Le roi et la nouvelle cour demeurant aux Tuileries depuis 1594, poètes, savants, écrivains de toute sorte, accoururent à Paris. Motinne fut pas des derniers. Un sonnet composé en l'honneur du sieur de Louvencourt et inscrit en tête des premières œuvres poétiques de ce personnage (Paris, Drobet, 1595) porte la signature de Motin. Notre auteur nous apprend qu'il a définitivement quitté Phœbus pour Thémis : il était sans doute avocat à Paris; et il ajoute que s'il rompt un silence, qui lui pèse du reste, c'est par considération pour le sieur de Louvencourt dont il veut honorer le talent.
Le premier pas, le plus difficile, venait d'être fait.
Trois ans plus tard, nous retrouvons Motin repris entièrement par le monstre, qui cette fois finira par le dévorer. Dans le « recueil de plusieurs diverses poésies » (Bonfons, Paris, 1 598) et dans le recueil de Despinelle (première édition des Muses ralliées, 1 598) figure un certain nombre de pièces de Motin, la plupart anonymes ', mais qui
I. Comme l'avoue humblement Despinelle, son travail, fait à la hâte, ne laisse pas que d'être confus. Il réunit, comme le font la plupart de ses contemporains, entre autres Raphaël du Val de Rouen (Temple d'Apollon^ toutes les pièces de même caractère : Dédain, inconstance, absence, etc., etc. Seulement il oublie de les faire suivre du nom de l'auteur.