‹ Œuvres inéditesChapitre 15 sur 63 · SA VIE ET SES ŒUVRES XV · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES ŒUVRES XV

Motin n'en était pas moins arrivé au but que s'était jadis proposé sa jeunesse. Il vivait du produit de son travail ; et son titre officieux de poète de cour le rassurait sur les incertitudes de l'avenir en même temps qu'il lui valait cette célébrité dont le souvenir protégea longtemps encore sa réputation.

Du reste, à partir de cette époque, Motin, convaincu sans doute de son peu d'aptitude pour la cantate officielle, y renonce presque entièrement pour ne plus s'occuper que de sujets de son choix.

C'est alors qu'il compose ces odes, ces stances, ces chansons, ces épigrammes, si appréciées par ses contemporains, qui circulent de main en main, et quelquefois sous le manteau, qu'on recueille toujours religieusement, comme nous l'apprend Pierre de L'Étoile et que déjà recherchent avidement les libraires.

Cette période, qui s'étend de 1600 à 16 10, eût été assurément la plus belle de la vie de Motin, si notre poète n'eût été victime, comme jadis, d'un amour malheureux. Je sais bien qu'à cette époque les enfants d'Apollon (et aujourd'hui encore ils sontcoutumiers du fait) faisaient vibrer à plaisir et pour la gloire d'une maîtresse imaginaire la corde de la passion incomprise ou mal satisfaite ; mais les accents de Motin sont trop vrais, son désespoir trop profond, et certains faits trop précis pour

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