‹ Œuvres inéditesChapitre 34 sur 63 · DU DEFFUNCT M. LE DOYEN DE CAMBRAY · texte numérisé non relu

DU DEFFUNCT M. LE DOYEN DE CAMBRAY

D'un Nestor tant sçavant la cendre demeurée Repose dans le fonds de ce tumheau creusé. Voicy son corps de l'aage et du travail uzé, Digne qu'il eust au monde éternelle durée.

Que l'on garde à jamais sa mémoire honorée ; Que de manne et de miel son corps soit arrozé : Car le miel et l'honneur de Parnasse épuisé S'écoulèrent jadis de sa bouche dorée.

Le grossier Alemand, l'infidèle Grégeois, Esbahis, l'ont ouy discourir pour nos rois D'un langage animé d'une soigneuse cure.

Plantez mille olliviers à l'entour de ces lieux. Et tous arbres sacrés au messager des Dieux, Pour celuy qui, vivant, fut un aultre Mercure.

ÉPITAPHE DE PERION

Falloit-il que la Mort, trop souhdaine à te prendre, Te ravist de mon sein ? Falloit-il qu'à ton ranc Tu visses la cruelle, et que ce poil si blanc Long, retords et frisé, fust si tost mis en cendre ?

Las ! ton âge innocent au moins te debvoit rendre Immortel pour un temps ! Car, a pauvret, le sang De quelque beste morte, écoullé de son flanc, N'avoit souillé jamais ta lèvre jeune et tendre.

Donc, puisque tu n'as peu sa rigueur esmouvoir, Afin que sur ton corps il ne puisse pleuvoir, Au millieu de ces bois je te couvre de terre.

Vous, sangliers, et vous, cerfs, qui libres et dispos Errez par ces forests, ne passez sur ces os. Eh! le mignon jamais ne vous a fait la guerre.

TUMBEAU

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