‹ Œuvres inéditesChapitre 35 sur 63 · DE DEFFUNCT JACQUES MOTIN MON FRERE · texte numérisé non relu

DE DEFFUNCT JACQUES MOTIN MON FRERE

Mon frère, que le sort cruellement volage Desrobe de mes yeux, je ne te verray plus. Las! ton corps est caché, dans un tumbeau recluz; Et de toy seulement me reste ton image.

Ton œil est sans clarté, sans couleur ton visage, Tes pieds sans mouvement ; tes membres sont percluz; Tes beaux cheveux dorez, refrisez, crespelus, De la terre, des vers, sont le triste partage.

A peine le soleil avoit tourné sept fois

Par les douze maisons de tous les douze mois

De ta naissance au jour qu'une mortelle glace

Mit ton corps sous la terre et ton esprit en paix. Adieu, mon frère, adieu, sois heureux à jamais: Ce que ma main escrit. Veau de mes pleurs l'efface.

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