DE DEFFUNCT JACQUES MOTIN MON FRERE
Mon frère, que le sort cruellement volage Desrobe de mes yeux, je ne te verray plus. Las! ton corps est caché, dans un tumbeau recluz; Et de toy seulement me reste ton image.
Ton œil est sans clarté, sans couleur ton visage, Tes pieds sans mouvement ; tes membres sont percluz; Tes beaux cheveux dorez, refrisez, crespelus, De la terre, des vers, sont le triste partage.
A peine le soleil avoit tourné sept fois
Par les douze maisons de tous les douze mois
De ta naissance au jour qu'une mortelle glace
Mit ton corps sous la terre et ton esprit en paix. Adieu, mon frère, adieu, sois heureux à jamais: Ce que ma main escrit. Veau de mes pleurs l'efface.