‹ Œuvres inéditesChapitre 5 sur 63 · IV MOT IN · texte numérisé non relu

IV MOT IN

force et sans chaleur : il eût adressé le même compliment à l'œuvre de Musset. Sa nature lui interdisait toutes les faiblesses de sentiment.

En tout cas, Boileau n'a pas connu les poésies de Motin qui ont paru dans les recueils satiriques du XVII^ siècle : car il eût promptement réformé une appréciation bien différente de celle dont il a si judicieusement flétri le cynisme de Régnier. Nous trouvons là encore un point de comparaison entre notre auteur et Alfred de Musset qui, lui aussi, a collaboré à ce Parnasse satirique du XIX^ siècle, que la Belgique seule a le droit de vendre au grand soleil.

Nous préférons, pour épuiser la justesse de notre parallèle, parler d'une œuvre de Motin qui lui fait beaucoup plus d'honneur, que le régent du Parnasse n'a certainement pas connue, mais qui n'eût pas désarmé ses foudres impitoyables : car, comme nous l'avons déjà dit, Boileau n'a jamais connu de l'esprit que la causticité et les rudesses, et non la souplesse et la grâce. Or, l'œuvre de Motin à laquelle nous faisons allusion est d'un charme fm et pénétrant : nous l'avons découverte au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, et c'est en l'étudiant avec la plus scrupuleuse attention que nous avons relevé cette affinité directe, cette sorte de parenté littéraire entre le poète de Bourges et l'auteur de Rolla.

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