‹ Œuvres inédites. Publiées d'après les manuscrits originauxChapitre 36 sur 84 · LE PUBLIC DES SOTS · texte numérisé non relu

LE PUBLIC DES SOTS

(^ 1^2. Et VOUS croyez peut-être qu'au moins les indiffé-

rents le laisseront en paix, qu'il n'a à craindre que les ennemis que ses talents et ses succès ont pu lui faire! Ce n'en est pas la moitié. Les belles sociétés de Paris fourmillent d'hébétés oisifs qui, soit que les sots éprouvent toujours un affreux plaisir à rabaisser l'homme que l'on nomme plus souvent qu'eux, soit plutôt pour se montrer juges et beaux esprits, pour être cités, interrogés, pour ne point rester court, à souper, au : a Qu'y a-t-il de nouveau ? » — sans le connaître, sans connaître un seul de ses écrits, une seule circonstance de sa vie, recherchant avec un sot empressement toutes les plates injures que d'autres gredins ont vomies contre l'honnête homme un peu illustre, les recueillent avec une lâche et stupide joie, les propagent de coterie en coterie, en amusent la curiosité vaine et le penchant qu'ont les hommes à mal penser de ceux dont on dit du bien, les répètent, les récitent, les commentent, font observer que c'est terrible, qu'il n'y a pas un mot à répondre à cela, que c'est de la dernière force.

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