XIX. Lois^. Périclès discourant avec Alcibiade
I. Chénier écrit constamment ce mot loix, sans doxile par analogie avec le nominatif /ex du mot latin correspondant.
2l6 ANDRE CHÉMER
dansXénophon, Méin. deSocr., l. i, c. 2, (conf. 1. 4, c. 4) définit la loi comme l'ont définie des philosophes de nos jours, ou du moins comme on a interprété leur définition : voaot £i'7tv, ou; to 7r>^rj6o;<Juve"XGov xai ^oxip-aTy.v gypa-j/g, çppai^ov axe ^si Troieiv, xai a (jlt] ; mais Alcibiade lui demandant f^ia r^e xai avoif-ia ti eTTtv ; ap' ouy orav 0 x.peiTTwv tov '/;ttco jj//] retcaç, alla fitacafy.gvo; avay^taT/} ttoiêiv oti av aoToj (^oxr, ; il le force d'avouer TTavxa w.oi ^o/.ei oca ti; '^.Tj Tretca; avayxa^et Tiva xoteiv, eiTe ypacpwv, être [y/o, [ita [y.a'X'Xov r^ voao; etvai. Sur quoi Alcibiade reprend : jtat nny. apa to xav ttI'/iÔo; xparouv twv Ta y prty.aTy. eyovTtov ypa(p£t [j//) TUSiTav, ^la y.y.Xkov v) voaoç av eir, ; Mala TOI, (pavai tov Ilepixlea, 10 Aly.tpia»^'/;.
f" 2G3. XX. Nai/.i, Nai, aTTixw;. Hésych. Cette forme était très en usage suivant le lexique de Photius qui cite les comiques Phérécrate et Hermippe. Yalkenaer, dans ce qu'il avait écrit sur les élégies de Callimaque qui n'a point été publié, quoique imprimé, et que son fils m'a prêté, dit n'avoir jamais lu ce Naixt dans les tragiques qui nous restent : Nusquam apud tragicos, p. 9/5. 11 ne se rappelait pas l'avoir lu dans l'Œdipe-Roi, v. 684, édit. de Brunck.
XXI. Naêlov, mot et instrument phénicien, duplici genialia nablia palmâ verrere. Ov[idii] De
i4r/[e] am[andi] 3, v. 329. Yalkenaer dans le même ouvrage, p. i9etsuiv., dit plusieurs choses curieuses sur cet instrument. 11 croit qu'Ovide avait appris de Callimaque à le recommander aux femmes, et que celui-ci en devait la connaissance aux livres des Juifs qu'il croit avoir été lus par ce poète bibliothécaire. Au reste, il n'avait nul besoin des Juifs pour cela ; il avait lu Sopater le parodiste, cité depuis par Athénée, p. 175, 011, après ces mots — o'jTSTO'j SiSwvtoç, qui achèvent un vers, il faut supprimer le mot Naé"Xy. qui l'allonge, et le rendre à la marge, comme Valkenaer le remarque.
Il avait lu aussi ce mot dans Sophocle qui, suivant l'opinion du même savant, l'avait employé le premier dans ce vers conservé par Plutarque :
O'j vaê>.a /.(O/tuTOtcriv, oi> lupa (piV/5.
ou, comme lit Brunck non moins élégamment. 01» ")upa, (piAa au pluriel. Ovide, après avoir parlé de ces instruments, ajoute dans le sens de Sophocle : conveniunt dulcibus illa jocls. Ce même critique, à qui les lettres grecques étaient si familières et ont de si grandes obligations, dit, page 19 : ingenium Calllmac/io fuit in rnullis Sophoclei simile, observalion qui m'est toute nouvelle, et que j'aurais voulu voir appuyée et développée par lui. •
XXlï. Nirée. Qualis aut Nireus fuit, aut aquosa (xo"Xu7Ti^a/.o; l^n:;. Hom[ère].) raptus in Ida.
2l8 ANDRÉ CHÉNIEB
Ntpeu; «^'au Suar^ôev ayev Tpet; viriac sïçy.; Nipeuç, Ay>^atY); 6'uto;, XapoTroio T'avax-Toç, Nipeuç, o; y.yJXki<jTOç avTip utto D.iov yi>.6£ Gua TravTWV Aava,cov, jj.er' aauj7.ova n'/)>.eiC()vy.
Nomen hic ter repetitum, neque adeo verba, sed numéros hic admiror : in his artifex admirabihs Virgilium habuit, sed inter recentiores vix ullum imitatorem. In Gallia tamen superiore saeculo Boileavium et Racinium, non Hnguae tantum elegantissimae galhcae, sed graece etiam et latine eruditissimos ; Valk., même ouvrage, p. i6. Il remarque ensuite contre Ovide qui dit : Gydippenon estoris, Homère, tui, que Mimnerme et Solon et Callimaque devaient la douceur de leurs vers à Homère lui-même, dont il cite, outre ces vers sur Nirée, les adieux d'Hector et d'Andromaque. Il est certain que les fragments de Mimnerme, de Solon et de Théognis ont partout et le ton et la versification homérique. Nirée ne reparaît plus dans le poème d'Homère ; il est tué par Eurypyle dans le 6® livre de Quintus de Smyrne, poète souvent élégant, heureux imitateur d'Homère et des anciens, quoiqu'il manque souvent de jugement et de goût, et que surtout il ait une trop grande profusion de comparaisons. Celle qui termine son récit de la mort de Nirée est charmante et ressemble à Virgile sur Euryale. Car ils suivaient les mêmes modèles, 1. 6, v. 878, epvo; ottw; spiBrAe:2"Xy-ir;: euxTsavoio — Y)VT£ Pt'/) 7UG>.Taf/oto xy.Ta poov Yi'/7]ev6a, T'jV t
NOTES PHILO I.Or. IQUES ET LITTERAIRES 219
oyôrç BkoLGTifJi Po6pov ^la TcavTa /.eSacay-ç — p'.(^o6ev y) ^'aoa xetTai utt' avOsGi (3eépiOuia, — o; Tr,|xo; Ntpr^o; cri yôovoç acTTSTOv ou^x; — e^syoO'/) ^£i;-a;y)0, xai ayT^aïT] fipaTEtvY). Le même poète, trop peu connu, surtout après la perte d'Arctinus, de Leschès, de la petite Iliade, etc., dit encore avec beaucoup de grâce et d'élégance homérique: 1. 7, v. 7 :
Nipea 6'o; (y^axapecrciv aeiyev££(jGtv gwzet — xa^etr'ay- Ixit) Te* f!>ir, ^'oi»t alxijy.o; yisv — ou yap apt,' avôptoTToiGi Oeot TeleouGiv olizx'^tol' — aXX' gaôXo) )tax.ov ayyt iraptaTaTai Ê/t Tivo; aiTo;* — OK Nipr^t ava/CTt irap ay>.aiY) epaTSivr) xêit' a^^aTTar^voTuvTi.
XXIII. Optimates. Alteri se populares, alteri optimales et haberi et esse voluerunt : qui ea quae faciebant quaeque dicebant jucunda multitudini esse volebant, populares ; qui autem ita se gerebant ut sua consilia optimo calque probarent, optimates habebantur. Cic. Pro Sext., 4o.
XXIV. Religion. Atque haud scio an pietate adversus deos sublatâ, fides etiam et societas humani generis, et una excellenlissima virtu» justitia tollatur. Cic. De nat. d[eorum], 1. i. II.
...lotam de diis immortalibus opinionem fictam esse ab hominibus sapientibus, reipublicse causa ; ut
aao ANDRE CHEMER
quos ratio non posset, eos ad officium religio duceret. Id., ibid., [xi,
XXV. pivo;, la peau, Valkenaer, comme je l'ai remarqué plus haut en faisant l'extrait de son livre non publié sur Gallimaque, rétablit ce mot à la place d'tve; dans le 94^ vers de Thymne à Gérés, et sa correction me paraît confirmée par celte imitation évidente, qu'il ne se souvenait pas d'avoir lue dans Quintus de Smyrne, 011 je trouve 1. 9, v. 870, Sur Philoclète : zaï ot ràv ,u!.£|j!,apavTo ^vj.y.ç , Trept r^ 'oarex fAO'jvov-pivo; £Yiv. — L'enchanteresse de Théocrite, que Valk. a citée, dit: a.'jT3c rîe >.oi777. ogts' £t' r,v, y,at <^£pu!.a. Ceux qui ont lu les belles épîtres critiques de David Runkenius savent que les poètes des siècles postérieurs, comme Nonnus, Tryphiodore, ont assidûment imité Gallimaque ; et Quintus est de leur école, quoique meilleur.
f" 2C8. XXVI. Paulistes, brigands du Brésil, semblables à d'autres brigands des bords du rio de la Plata. Bougain ville, t. I'.
XXVÏI. Théocrite. [Sur la IX"^ idylle.]
f' 270. ...Cette traduction de vers charmants (6 et 7) est
I. La relation du Voyage autour da monde du navigateur de Bougainville avait paru en 1771 et en 1772, et l'intérêt du récit comme la vivacité du stjle lui avaient valu un très grand succès. Chénier sembleavoir regretté que la matière n'eut pas été Irailée avec plus de pro-
plus élégante que celle d'Heinsius', mais je voudrais qu'on eût essayé de rendre la tournure du grec, la forme des vers, l'arrangement des mots, et le mot y,^'j quatre fois répété. Depuis mon enfance, la douceur et la simplicité de ces deux vers ont eu pour moi un charme qui m'attendrit et que je ne puis expliquer. Si j'avais eu l'habitude d'écrire en latin, j'aurais tâché de la rendre à peu près ainsi :
\Daphnis]
Dulce quidem vilulœ spirant, et dulce juvenca ; Dulce sonora syrinx, et pastor, nos quoque dulce. Propteraquas thorus estgelidus mihi, pellibus albis Yaccarum stratus, quas dum sua gramina tondent Africus heu! cunctas scopulo dejecitab alto. iEstas hic tantum cura est mihi torrida quantum Palris amatori vel matris anilia verba.
Sic Daphnis cecinit nobis, sic deinde Menalcas : \Menalcas]
Mina mihi mater, sunt et pulcherrima saxo Antra mihi. Tum qua: monstrare insomnia votis Vana soient, multas pecudes multasquc capcllas, Quarum ego sub capiteet pedibus mihi vcllera fundo.
{Theocriti decem idylUa, p. 127.)
fondeur et de philosophie (Voyez ci-dessus, Perjfclion et décadence des lettres et des arts, 3* partie, page 98 et note 3).
I. Célèbre philologue auteur de traductions et d'éditions érudites cl dont les poésies latines furent fort appréciées de son temps (i58oi6()5).
ANDKE {:HK\ri:K
f2G5. XWIJI. Tribun. G. Gracchus, cum largitiones maximas fecisset, et elludisset aerarium, verbis défende t aerarium. Gic. ïusc. 3.
XXIX. Troubles. In turbas et discordias pessimo cuique plurima vis : pax et quies bonis artibus indigent. Tacit. bist. \.
MLS SOUVENIRS
Si jamais je deviens riche, il faut faire une pièce f°' 26 et 37. intitulée: Mes souvenirs.
. . . Jadis je ne souhaitais qu'une fortune médiocre, un toit socratique... ; je suis riche..., mais je me rappelle avec plaisir le temps où, quoique pauvre et mal aisé, je n'étais pas malheureux... Mais vous tous, hommes de bien.., qui souffrez..., qui pleurez dans l'indigence... venez, ne pleurez plus; nous avons fait fortune... venez... Autrefois, jeune, sans mes amis (qu'il faut nommer), j'aurais souvent pleuré comme vous...
Et vous, mes utiles souvenirs, ne souffrez pas que la richesse endurcisse mon cœur... ; et si elle m'inspirait un peu d'orgueil, rappelez-moi le temps
I. Ces lignes autoriseraient peut-être à croir^que la situation de fortune d'André Chénier, notoirement médiocre, fut quelquefois pire que cela. Les amis dont il est question ici pourraient être les frères Trudaine et les de Pange, condisciples et fidèles appuis du poète.